aquarelle et marqueur acrylique sur papier noir · 2024 · Ath, Belgique
Œuvre de Marie Hélène Sigart, plasticienne et photographe belge basée à Ath, explorant l'alchimie du corps humain par la fusion de l'aquarelle et de marqueurs. Cette composition surréaliste conjugue des formes organiques argentées traversées de flammes dorées et de motifs géométriques pointillistes, créant une narration intemporelle entre le minéral et le vivant.
Cette œuvre de Marie-Hélène Sigart déploie une anatomie transfigurée, où le corps humain devient le creuset d'une transmutation impossible. Les formes argentées, presque phosphorescentes, semblent traversées de feu intérieur — des brasiers dorés qui percent l'enveloppe charnelle comme autant de révélations. La composition frontalière, érigée en U monumental, suggère moins une figure qu'un réceptacle, un vaisseau alchimique où la matière organique dialogue avec l'énergie minérale. C'est une vision du corps non comme limite, mais comme poreux, habité, consumé de l'intérieur.
Les auréoles pointillistes qui couronnent cette forme hybride échappent à tout naturalisme : elles évoquent à la fois des respirations, des émanations spirituelles, ou l'architecture d'un univers microscopique enfin visible. Entre ces halos de précision géométrique et les flammes ocre qui ravinent le corps, s'instaure une tension fondatrice — celle qui oppose l'ordre transcendantal au chaos viscéral. Sigart ne illustre pas l'alchimie ; elle en expose le processus même, cet instant d'équilibre précaire où la matière bascule.
Le choix du papier noir transforme radicalement la grammaire chromatique traditionnelle : les blancs ne sont plus absence mais présence étouffante, les or et rouges éclaboussent comme des ruptures du visible. L'aquarelle, médium de la transparence, y devient opaline et charnelle ; les marqueurs acryliques instillent une clarté urbaine, presque hostile. Cette hybridation technologique — pinceau versus stylet — redouble la tension entre le fluide et le délimité, entre l'organique et le construit. L'œuvre respire par ses brèches noires internes, ces vides qui structurent autant qu'ils défont.
Fait partie de la série Aquarelles.
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