Huile sur toile de jute · 1996 · Bruxelles · 2 250 € · 100x90
Encadrement américain. Avec certificat d'authenticité.
« Au bout du tunnel » construit un dialogisme spatial où la profondeur perspectiviste du trypan gauche dialogue avec l'enfermement géométrique du cadre droit. Fontaine peint moins une transition qu'une claustration éclairée : les silhouettes du tunnel apparaissent comme des spectatrices prisonnières d'une destination préfigurée, tandis que le personnage au masque blanc incarnerait une forme de sortie ou d'arrivée inévitable. L'huile sur toile de jute intensifie cette épaisseur matérielle du confinement, chaque trait tremblant du vernis suggérant une urgence contenue.
Le motif de la tête rouge surmontant le corps cyan crée une dissonance anatomique troublante comme si le psyché s'échappait du corps physique. Cette bipartition chromatique renforce l'interprétation d'une quête identitaire inachevée : on ne sort du tunnel que pour se découvrir fragmenté. Le masque blanc du personnage droit efface toute humanité reconnaissable, transformant la sortie en anonymat pétrifié, doctrine récurrente chez Fontaine où le quotidien épouse des contours cauchemardesques.
La texture brute de la toile de jute refuse toute complaisance esthétique : chaque coup de pinceau résonne comme un acte de résistance face à la lisserie académique. Peinte en 1996, cette œuvre capture l'angoisse fin-de-siècle bruxelloise, ces passages souterrains où convergent fictions intimes et réalités urbaines étouffantes. Le temps s'y immobilise dans un instant perpétuel où transition et enfermement deviennent synonymes.