Huile sur toile · 2026 · Bruxelles · 1 800 € · 120 cm x 100 cm
Cette toile respire l'énergie brute d'une gestualité maîtrisée : les coups de pinceau s'entrelacent en volutes épaisses, créant une surface qui pulse comme une peau vivante. Hicham ne peint pas l'automne comme saison, mais comme phénomène physique de transformation — matière en décomposition, mouvements de sédimentation, strates de temps visibles. La pâte huileuse accumule les traces, les croisements, les repentirs assumés, construisant une profondeur tactile qui interroge la limite entre abstraction et figuration.
L'œuvre établit un dialogue tendu entre deux univers chromatiques : le bleu-nuit du coin supérieur gauche et l'orange-roux dominateur qui s'épanche sur la majorité du champ pictural. Cette polarité thermique n'est pas anodine — elle convoque simultanément le feu et l'obscurité, la chaleur de la putréfaction et le froid du repos hivernal. Les blanc-crème émergent comme des points de friction où ces forces contraires se neutralisent temporairement, offrant des instants de respiration visuelle dans cette chorégraphie chromatique explosive.
Formation académique et intuition viscérale se rencontrent ici sans compromis. Hicham distille dans cette composition l'héritage technique marocain — respect de la matière, géométrie secrète — filtrée par l'expressionnisme urbain bruxellois. Le résultat est un paysage psychique plus qu'optique, où l'automne devient prétexte à une méditation sur l'impermanence, la stratification des murs mémorielle, la beauté inséparable de la décadence.