Acrylique sur pochette CD · 2026 · Bruxelles · 180 € · 13 x 15 cm
La peinture sur pochette CD est réalisée en utilisant de l'acrylique, offrant une transparence et une ombre portée qui lui donnent du relief.
« Crépuscule verso » installe une partition horizontale rigoureuse où le bleu domine comme principe organisateur d'une cosmogonie inversée. Hicham compose ici moins un paysage qu'une stratigraphie émotionnelle : le ciel occupe la majeure partie de la surface, saturé de bleus profonds qui s'éclairent progressivement vers l'horizon en teintes glacées. Cette inversion du naturel — où le haut respire davantage que le bas — crée une tension vertigineuse. La bande terreuse médiane, ocre et rougeâtre, fonctionne comme un seuil fragile, une zone de transition où l'énergie chromatique s'effiloche.
Le choix du support — une pochette de disque compact — témoigne d'une poétique de l'obsolescence et du palimpseste urbain. Ce médium appartient à une archéologie médiatique récente, déjà désuet, qui porte en lui la nostalgie des années 1990-2000. Peindre à l'acrylique sur cet objet industriel, c'est sanctifier l'ordinaire, conférer une gravité contemplative à ce qui était destiné à être jetable. La surface plastifiée engendre des reflets subtils, une épaisseur optique qui renforce l'illusion de profondeur abyssale.
Les coups de pinceau restent visibles, presque brutaux dans leur honnêteté gestuelle. L'acrylique s'impose par sa matité légèrement granuleuse, ses couches superposées qui créent une archéologie de couches colorées — le bleu marine du bas transperce par endroits, révélant les repentirs et l'immédiateté du processus créatif. Il n'y a aucune lissé académique ici : chaque zone respire l'urgence lyrique d'un crépuscule qui refuse la définition, qui demeure « verso » — l'envers, l'arrière-monde, ce qui échappe à la représentation lisse.