Huile sur toile de lin · 2020 · Bruxelles · 695 € · 50x70
Sans encadrement. Avec certificat d'authenticité.
« Déconcertés » confronte trois silhouettes réduites à l'essence : des formes angulaires, des têtes carrées ou losangées, des regards évidés qui fixent sans voir. Fontaine démantèle l'intimité relationnelle en la restructurant par la géométrie, transformant l'humain en architecture muette. Ces figures ne se touchent pas, elles coexistent dans un même espace sans jamais communiquer véritablement, figées dans une proxémique bloquée où le silence est palpable.
Le bleu cardinal domine, absorbant plus de la moitié du cadre et devenant la peau même de ces êtres synthétiques. Or et rouge sang apparaissent en crête, crispe la composition d'accents chauds qui refusent l'harmonie. Le blanc de la robe féminine oppose une clarté glaçante, une nudité qui contraste avec l'opacité des autres corps. Cette tension entre froid obligatoire et chaud réprimé incarne visuellement le malaise du titre : des êtres colorés mais désemparés, saturation sans connexion.
À l'huile sur lin, Fontaine travaille par aplats quasi-graphiques, renforçant l'effet de marionnettes conscientes d'elles-mêmes. Les contours épais en noir délimitent chaque zone comme des cellules, cloisonnent au lieu d'unifier. Les légers dégradés, les striures subtiles dans le bleu révèlent une main attentive au-delà de l'apparente naïveté primitiviste. L'œuvre oscille entre candeur d'apparence et profondeur critique : des êtres déconcertés par leur propre existence visualisée.