Huile sur toile de lin · 2008 · Bruxelles · 1 575 € · 70x90
Encadrement américain. Avec certificat d'authenticité.
Cette composition fronale présente trois silhouettes féminines alignées en procession mentale, leurs visages exsangues et stylisés révélant une introspection commune. Annie Fontaine capture l'essence du désir non pas par la chair mais par l'abstraction des formes, la géométrie épurée des traits. Le peintre transforme trois instants de conscience trois femmes, trois états psychologiques possibles en une méditation sur l'aspiration intérieure qui demeure indicible.
Les coiffures colorées bleu, pourpre, rouge opèrent comme masques chromatiques, chacun conférant une identité temporaire à des visages presque interchangeables. Ces voiles et bérets deviennent des attributs du pouvoir, de la séduction, du ravissement. La vêture prime sur le corps, suggestive d'une certaine théâtralité de l'existence où se joue l'éternel jeu des rôles que nous endossons pour exister dans le regard d'autrui.
Le fonds jaune ocre envahissant crée une atmosphère irréelle, presque hallucinatoire, où la chaleur devient substance. Les bandes vertes du palmier en arrière-plan confèrent une exotique mélancolie tropicale. Ce désir n'explose pas : il demeure intériorisé, contenu par la sévérité compositionnelle et l'inexpressivité des traits. L'huile sur lin, dense et mate, scelle cette émotivité retenue dans une atemporalité picturale.