Technique mixte sur papier — encre, crayon et lavis · 2015 · Liège, Belgique · 70 cm x 100 cm
Œuvre abstraite gestuelle d'Isabelle Fagot, plasticienne basée à Liège, combinant encre noire, crayon et lavis sur papier. Composition dynamique caractérisée par des traits énergiques, des hachures expressionnistes et des jeux de texture créant une tension visuelle entre légèreté et densité, révélant l'approche contemporaine et expérimentale de l'artiste belge. "Désobéissance" - Dynamique gestuelle abstraite d'Isabelle Fagot Liège
« Désobéissance » d'Isabelle Fagot refuse la clarté narrative pour imposer un chaos maîtrisé où le trait devient acte de contestation. Les hachures serrées, les arcs circulaires incisifs et les accumulations d'encre noire transforment la surface en champ de bataille visuel où chaque coup de crayon ou de pinceau refuse la soumission à l'harmonie. L'œuvre respire une tension viscérale : elle ne décrit pas, elle transgresse. Le papier devient peau écorchée, le geste prime sur la forme, établissant une grammaire où l'absence de représentation figurative est elle-même un acte de liberté plastique.
La superposition d'encre, de crayon et de lavis crée des palimpsestes où la transparence et l'opacité dialoguent sans compromis. Les zones blanches émergeant des accumulations noires ne sont pas des respirations mais des cicatrices lumineuses. La technique mixte révèle une pensée du dessous : chaque couche porte les traces des gestes antérieurs, construisant une profondeur qui défie la flatness du support. Cette stratification incarne la complexité psychologique du titre — « Désobéissance » ne surgit pas d'un seul élan mais de couches successives de refus.
L'absence de référent figural libère la composition de la narration pour la plonger dans le pur temporel du geste. Les courbes dynamiques et les tracés violents suggèrent un mouvement perpétuel, une cinétique bloquée par le cadre du papier. Fagot refuse l'équilibre pythagoricien au profit d'une instabilité générative : chaque signe appelle le suivant dans une logique d'accumulation plutôt que de construction. L'œuvre vit dans cet entre-deux où le dessin, la peinture et l'écriture s'abolissent pour ne laisser que l'énergie brute de la main créatrice.
Fait partie de la série Entre ombre et lumière.