Photographie numérique et art environnemental · 2026 · Bruxelles · 40 €
Deux instantanés photographiques capturant des moments de convivialité devant les œuvres numériques et abstraites de Josette Selosse, artiste numérique basée à Bruxelles. Les compositions colorées et géométriques forment un arrière-plan vibrant qui encadre des instants de partage et d'échange culturel, mêlant portrait documentaire et art contemporain.
Ces deux Polaroïd capturent des instants séparés de trois années, tissant une narration intime où l'amitié et la convivialité deviennent elles-mêmes matière artistique. Le geste de fixer sur papier ces rencontres face aux créations de Selosse crée une boucle réflexive : la photographe devient documentaliste de son propre univers plastique. Cette superposition de strates temporelles révèle une pratique où l'art ne se contemple jamais en silence, mais toujours en compagnie, incarnant une philosophie de l'échange qui transcende la simple documentation.
L'audacieux contraste entre les compositions numériques hypercolores—patchworks géométriques saturés en bleus, jaunes, rouges—et la tendresse des visages souriants crée une tension féconde. La photographie documentaire du bas, avec son abstraction colorée quasi-Mondrian, établit un dialogue où l'humain reprend sa place face à la pure abstraction. Cette dualité refuse la séparation entre art public et vie privée : les murs deviennent témoins intimes, les portraits se fondent dans l'environnement chromatic de l'artiste.
Le format Polaroïd confère une authenticité intemporelle à ces moments. Le papier beige crème, l'esthétique datée de la première image contrastée avec la saturation de la seconde, créent une archéologie visuelle du vrai : pas de filtres numériques superficiels, mais une matérialité brute. Ces photographies fonctionnent comme des talismans, des preuves que l'art vécu collectivement modifie les corps, les sourires, la présence elle-même. Elles constituent une signature graphique unique de Selosse : ce qui compte, c'est moins l'œuvre isolée que le rayonnement relationnel qu'elle génère.