Photographie numérique · 2026 · Bruxelles · 1 250 € · 100 x 100 cm
Œuvre de Leo Sélian, photographe et vidéaste basé à Bruxelles, explorant la fusion entre le corps humain et des structures organiques fibreuses. Cette photographie numérique capture un moment de transformation surréaliste où des filaments rose-rouge s'entrelacent avec le corps d'une figure en mouvement, créant une narration viscérale sur la vulnérabilité et la métamorphose.
Cette photographie capture un moment de fusion délibérément troublant où le corps devient le territoire d'une invasion organique. Les filaments rose-magenta s'enroulent autour de la peau comme des vaisseaux en fuite, transformant la figure en organisme hybride. Leo Sélian joue ici de l'ambiguïté entre croissance et parasitisme, entre épanouissement et dissolution. La posture du corps — repliée, en retrait — suggère moins une domination qu'une étrange acceptation de cette intrusion, une vulnérabilité consentie où la limite entre soi et l'autre s'efface dans l'intimité du geste.
L'espace baigné de lumière zénithale crée une scène presque sacrée, décontextualisée et atemporelle. Le sol en bois clair et le rideau blanc filtrent une lumière neutre qui accentue le contraste dramatique avec les teintes pourpres du vivant parasite. Cette mise en scène minimaliste libère la chair et les filaments de tout contexte naturaliste : nous ne sommes pas dans une serre mais dans un espace de révélation intime. La photographie devient presque une radioscopie émotionnelle, où le visible renvoie à des profondeurs psychologiques.
Les filaments ne sont jamais simplement des éléments formels : ils structurent un discours sur l'interdépendance, l'échange de flux, la perméabilité des frontières corporelles. Ils s'étalent comme un système nerveux externalisé ou un réseau de racines inversé. Cette imagerie rappelle le sublime biomorphe en art contemporain, tout en conservant une sensualité crue, presque charnelle. L'œuvre refuse l'esthétisme facile pour affirmer une beauté née de la tension entre menace et fascination, où la métamorphose devient une affirmation existentielle plutôt qu'une victimisation.
Fait partie de la série Graines de femmes.