Photographie argentique, technique de montage et superposition · 2026 · Bruxelles, Belgique · 350 €
Marian Guillemin, plasticien et photographe basé à Bruxelles, compose une œuvre conceptuelle en photographie argentique mêlant superposition d'images et technique de découpe géométrique. Cette exploration du portrait fragmenté questionne l'identité et la perception par un jeu de calques translucides et de ruptures visuelles caractéristique de l'art photographique expérimental. Essai Autobiographique : d'où je viens, fantôme: cliché photogramme de Marian Guillemin, Bruxelles Site de l'artiste visuelle: https://marianguillemin.wixsite.com/portfolio/portfolio-collections/my-portfolio/essai-autobiographique
Cette œuvre déconstruit le portrait comme acte de connaissance de soi en le soumetant à une violence géométrique délibérée. Les lignes de coupe horizontales et verticales ne divisent pas simplement un visage : elles révèlent les interstices d'une identité impossible à saisir d'un seul regard. Guillemin opère ici une archéologie photographique où le fragment devient plus vrai que le tout, où l'absence de continuité faciale interroge notre capacité à nous reconnaître nous-mêmes. Le titre « d'où je viens, fantôme » confirme cette volonté de rendre visible l'impalpable : pas de portrait stable, mais une présence spectrale construite par ses vides.
Le médium argentique n'est pas ici neutre : il confère à la superposition une profondeur organique, presque archivale. Les calques translucides créent des zones de flou graduel où le grain photographique devient poétique, inévitable. La technique de montage révèle les marques du processus matériel—bords découpés, légères surexpositions—autant de cicatrices qui attestent du geste créateur. Cette approche expérimentale refuse la perfection numérique : elle célèbre l'imperfection du collage comme métaphore du souvenir fragmentaire et des couches temporelles qui constituent une autobiographie.
En confrontant deux profils qui ne coïncident jamais tout à fait, Guillemin dissout le mythe de l'unicité du moi. Cette superposition crée une ambiguïté : voyons-nous un visage dédoublé ou deux versions d'une même personne à des âges différents ? L'esthétique monochromatique renforce cette indétermination, abolissant les marqueurs chromatiques qui pourraient nous ancrer dans une réalité stable. L'œuvre devient ainsi une méditation sur l'impossibilité de l'autoconnaissance totale, sur le fantôme que nous sommes à nous-mêmes.