Technique mixte : aquarelle et encre sur papier · 2026 · Charleroi, Belgique
Et toujours des ciels immenses... de la plasticienne et chanteuse Loouze Fabrizio, basée à Charleroi. L'œuvre combine l'encre noire, l'aquarelle rose-magenta et des touches de turquoise pour capturer l'énergie d'un performer en action, tenant un microphone rouge. Le style mêle spontanéité gestuelle et exploration chromatique audacieuse. Heures bleues Je te veux Heures rouges Rien ne bouge.. Heures noires Miroirs Heures lilas Dans tes bras Heures infinies tu t'enfuis Heures pourpres Je me voûte Heures mortes À ta porte Heures blanches Sur mes hanches Heures oranges Je me venge... Heures orages Dégage Heures nuits Je m'ennuie.... Loouze Fabrizio Fin d'été 2026 Carnet de voyage Et toujours des ciels immenses...Dessin - Poésie de Loouze Fabrizio
Cette figure jaillit du papier avec l'urgence d'un cri—une performer suspendue entre gestuelle théâtrale et abandon émotif. Les traits d'encre noire, appliqués avec une impatience expressive, esquissent plutôt qu'ils ne définissent : la coiffure électrisée, la bouche grande ouverte révélant une vulnérabilité viscérale. Le microphone rouge, objet d'ancrage carmin, devient le pivot où se nouent confession et exhibition. Loouze Fabrizio capture ici l'instant où la voix échappe au corps, où l'intime devient projection publique.
L'aquarelle magenta-rose qui enveloppe la composition ne délimite pas simplement un arrière-plan : elle incarne la couleur du temps fragmenté que célèbre le poème attaché à l'œuvre. Chaque teinte énumérée dans le texte poétique (bleu, rouge, noir, lilas, pourpre, blanc, orange) devient ici une note d'une symphonie chromée. Le turquoise qui structure le torse du personnage introduit une trêve optique, une respiration glacée au sein de l'effusion chaude. Ces heures—bleues, rouges, noires—ne sont pas chronologiques mais émotives, chacune colorant la perception du temps intérieur.
La technique mixte révèle une artiste qui refuse la complaisance : l'encre nerveuse dialogue avec l'aquarelle coulante, le contrôle linéaire affronte l'accident pigmentaire. Les spirales géométriques qui dansent dans le ciel roses ne sont pas ornementales mais respiratoires—elles prolongent l'exhalaison vocale du personnage. Ce qui émerge n'est ni illustration ni pure abstraction, mais un terrain hybride où le dessin autobiographique rencontre l'exploration couleur, où le performer belgique Loouze devient archétype de l'expression contenue-débordante.