Installation in situ, sculpture assemblée avec objets de récupération et peinture murale · 2026 · Bruxelles, Belgique · 1 500 €
Damien-Paul Gal, plasticien et artiste street art basé à Bruxelles, interroge la consommation de masse et les déchets urbains dans cette installation satirique. Un éléphant recouvert d'étiquettes publicitaires multicolores défèque des sacs plastiques noirs et dorés, critiquant mordamment l'impact environnemental de la société de consommation. Œuvre de détournement urbain combinant sculpture, objet trouvé et performance contextuelle. Exposition collective à La Rivelaine par Damien-Paul Gal - Artiste Bruxelles
Cette installation de Damien-Paul Gal opère un renversement scatologique radical : l'éléphant, figure majestueuse de la nature, devient réceptacle ornementé de logos commerciaux avant de déféquer les détritus de notre époque. Le geste est volontairement cru, presque nauséabond dans sa clarté—transformer l'animal en miroir métaphorique de la chaîne digestive du capitalisme. Les sacs plastiques noirs et dorés qui s'échappent de l'arrière-train deviennent excréments de luxe, fécondité stérile d'une machine consumériste qui ne produit que du déchet.
Le pachyderme blanc-ivoire est entièrement recouvert d'étiquettes superposées—palimpseste urbain des marques qui colonisent notre imaginaire. Cette accumulation obsessive crée une texture saturée où aucun espace n'échappe à la séduction marchande. Gal refuse l'abstraction : il accumule, juxtapose, accumule encore, transformant l'animal en mur de rue pixelisé par le commerce. C'est une poétique de l'excès qui tourne le système contre lui-même, où chaque logo crie dans un chaos babel consumériste.
L'œuvre transcende le pamphlet graphique pour devenir sculpture environnementale tangible—les sacs plastiques empilés physiquement au sol rappellent l'accumulation réelle dans nos océans et décharges. Cette matérialité brute contraste avec l'esthétique étincelante de l'emballage doré, créant une tension intolérable entre désir consumériste et réalité toxique. La présence du mur de pierre ancienne renforce encore cette collision : patrimoine urbain confronté à la modernité jetable, temps long face à obsolescence programmée.