Photographie numérique · 2026 · Bruxelles · 2 600 € · 150 x 100 cm
Œuvre photographique de Leo Sélian, artiste bruxellois, capturant une composition minimaliste d'inspiration conceptuelle. À travers un trou circulaire dans un mur de béton gris, le photographe révèle un paysage aquatique et naturel, créant un dialogue entre l'urbain brut et la nature délicate. Cette mise en abyme optique interroge la perception et les cadres du regard.
Cette photographie n'est pas une simple fenêtre, mais une effraction poétique du béton urbain vers l'imprévisible aquatique. Le trou circulaire devient dispositif phenomenologique : il force le regard à traverser l'inerte pour rencontrer le vivant mouvant. Sélian instaure ici une poétique de la trouvaille urbaine, où la précarité architecturale cède soudain à la transparence et révèle ce qui était occulté. C'est moins montrer que dévoiler, moins cadrer que fracturer.
L'austérité du motif cache une stratification conceptuelle redoutable. Le béton gris—peau morte de la ville—contraste radicalement avec l'horizon d'eau et de ciel que capte le vide circulaire. Ce vide n'est pas absence mais présence comprimée : il concentre l'ensemble des tensons entre l'artificiel minéral et l'organique fluide. Le trou devient membrane perméable où s'abolissent les frontières entre dedans et dehors, opacité et clarté.
En encadrant l'eau par le béton, Sélian interroge les régimes de visibilité imposés par l'urbanité. Ce n'est pas une nature pittoresque admirée de loin, mais une nature happée, comprimée, réifiée par le regardant urbain. La composition circulaire—archaïque, quasi-primitif—embrase l'imagerie moderne et révèle notre dépendance à des cadres artificiels pour percevoir le naturel. L'œuvre devient critique douce de notre propre médiation perceptive.
Fait partie de la série Murs mûrs.