Photographie numérique avec retouche et compositing artistique · 2026 · Bruxelles · 990 € · 80 x 80 cm
Œuvre de Leo Sélian, photographe et vidéaste bruxellois, fusionnant portrait surréaliste et botanique numérique. Cette photographie composée juxtapose un visage à la peau porcelaine et maquillage théâtral avec des fleurs magenta hyperréalistes en suspension, créant une tension entre fragile minéralité et flore organique explosive.
Leo Sélian capture ici le moment où la beauté se désagrège en botanique luxuriante, où le portrait devient herbier vivant. Le visage de porcelaine — immobile, maquillé comme une poupée théâtrale — se voit envahi par des fleurs magenta qui explosent depuis les yeux, la bouche, le front. Cette invasion florale n'est pas violence mais métamorphose délicate : les tiges vert chartreuse serpentent comme des veines de pensée, tandis que les pétales magenta semblent phosphorescents dans l'obscurité. L'œuvre incarne le motif léonien d'une nature qui dévore la figure humaine, non en destructrice, mais en complice poétique.
La tension de cette composition repose sur l'affrontement radical entre deux états : la peau blanche, lisse, figée en sculpture (minéralité extrême) et les fleurs tremblantes, dentelées, organiquement chaotiques (vie éparpillée). Le maquillage clownesque — sourcils exagérés, joues roses saturées, lèvres bordeaux — accentue cette artificialité théâtrale, transformant le visage en masque où s'enracinent les fleurs. Les cheveux roux-brun, avec leur texture ondulatoire, forment le seul pont entre les deux univers : humain, mais déjà traversé par la botanique.
Le compositing artistique révèle une maîtrise absolue de la saturation chromatique : les magenta-hot-pink des fleurs ne sont jamais noyées dans le noir du fond, mais se détachent avec une clarté de néon organique. Leo Sélian dose précisément les verts acides des tiges pour créer une tonalité radioactive, augmentant ainsi la sensation d'étrangeté surnaturelle. Le choix du fond noir profond n'isole pas le sujet : il l'amplifie, transformant l'image en vitrail moderne où la lumière de la figure elle-même semble nourrir les fleurs. C'est une photographie baroque — dense, stratifiée, où chaque élément surcharge de sens.
Fait partie de la série Graines de femmes.