Huile sur toile de lin · 2017 · Bruxelles · 695 € · 70x50
Deux silhouettes aux visages transmutés en or se font face sous une voûte gothique qui semble respirer—architecture intérieure devenue quasi organique par les mouvements expressifs du pinceau. La perspective plongeante accentue l'intimité de cette confrontation, où l'espace devient aussi protagoniste que les figures. Fontaine construit ici un théâtre de la reconnaissance où le regard devient matière, densité, poids presque physique.
Les visages jaune d'or—peints avec une candeur presque naïve—constituent l'unique point de chaleur et de clarté dans ce tumulte gris-bleu. Cette abstraction volontaire du portrait suggère une dépersonnalisation paradoxale : en effaçant les traits individuels, l'artiste révèle une intensité de présence plus radicale, plus vraie. Les deux silhouettes semblent se reconnaître au-delà de toute identité particulière.
Les mouvements tourbillonnants de la voûte—traits courbes qui cascadent et ondulent—créent une tension viscérale malgré la staticité des figures. Cette dynamique aérienne contraste avec l'immobilité des corps vêtus de bleu et de brun terré, générant une électricité psychologique. Le titre « Intensité des regards » prend tout son sens : ce n'est pas la rencontre physique qui importe, mais cette collision silencieuse des consciences.