"Le cri" Portrait Expressionniste Jérôme Selosse Artiste peintre Bruxellois

"Le cri" Portrait Expressionniste Jérôme Selosse Artiste peintre Bruxellois

Technique mixte sur papier — crayon, encre, pastel et marker · 2026 · Bruxelles · 350 € · A2

Portrait expressionniste de Jérôme Selosse, artiste plasticien bruxellois, combinant lignes au crayon et à l'encre avec des touches de couleurs vives (rouge, bleu, violet). Cette œuvre incarne le style audacieux et hybride caractéristique de l'illustrateur belge, mêlant croquis gestuel et interventions picturales explosives. Exposé lors de l'Exposition collective "Silence(s)" : du 12 juin au 8 juillet 2026 📍 Galerie Vertige — Rue de Veeweyde 60, 1070 Anderlecht (Bruxelles)

I. LE CRIS FRAGMENTÉ D'UNE IDENTITÉ PLURIELLE

Ce portrait expressionniste incarne la violence créative du geste artistique contemporain. La superposition de techniques — crayon linéaire, encre noire charbonneuse et interventions colorées brutales — construit une figure qui se disloque sous nos yeux, entre désagrégation et affirmation. Le visage, à la fois solidaire par son architecture de traits et explosif par ses pulsations chromatiques, déploie une tension existentielle : qui sommes-nous quand l'art nous traverse ? Selosse expose ici non pas un portrait fini mais un acte, un devenir pictural où l'identité demeure suspendue entre le chaos et la forme.

II. GRAMMAIRE DU CHAOS MAÎTRISÉ

La composition repose sur une dialectique sophistiquée entre l'ordre et l'effondrement. Les traits esquissés au crayon gris établissent une armature presque anatomique — cheveux en délié, facettes faciales modelées — tandis que les aplats de pastel et marker (rouge pulsant, violet électrique, bleu ciel) éclaboussent cette discipline. Cette juxtaposition n'est jamais aléatoire : chaque couleur vive colonise des zones symboliquement chargées — l'œil, la bouche, la gorge — transformant les zones les plus expressives en foyers d'éruption chromatique. L'intervention de la bande rouge « SELOSSE » en bas ancre l'œuvre dans une revendication d'autorialité presque sauvage.

III. SILENCE(S) ET CRIS VISUELS : UNE DIALECTIQUE PARADOXALE

Exposée dans le cycle « Silence(s) », cette pièce incarne un paradoxe productive : le silence n'existe que traversé par le cri. Selosse peint la retenue des contours gris comme un silence précaire, aussitôt violé par les éruptions colorées — le rouge du cri, le bleu de l'asphyxie, le violet de l'ombre intérieure. L'œuvre respire cette tension belge particulière entre la retenue nordique et l'expressionnisme exacerbé, entre l'intime du croquis et la publicité du tag. C'est un autoportrait du créateur en tant qu'être travaillé par des forces incontrolables, où l'art devient le seul langage viable.