Huile sur toile · 2019 · Huy, Belgique · 65 x 75 cm
Composition abstraite de Boris Mestchersky, peintre plasticien belge basé à Huy, explorant les contrastes chromatiques entre bleus profonds et teintes terracotta. L'œuvre révèle des formes géométriques et organiques superposées avec une texture patinée, mêlant figuration stylisée et abstraction. Le déluge - peinture de Boris Mestchersky.
Cette composition de Mestchersky invoque moins l'apocalypse biblique qu'une stratigraphie émotionnelle où les couches temporelles s'effondrent. Le déluge n'est pas événement catastrophique mais palimpseste : sous la surface patinée des bleus profonds gisent des vies organiques, des formes hybrides rouges qui semblent émerger comme des vestiges d'un ordre perdu. La texture érodée suggère une archéologie du présent, où chaque coup de pinceau agit en force de mort et de fouille.
L'agencement horizontal stratifié refuse la verticalité habituelle. Les bandes teintées — bleu ciel, terracotta, bleu profond — créent un cloisonnement qui fait obstacle au flux du deluge promis. Or, c'est précisément cette résistance structurelle qui libère les formes organiques du médaillon central : des créatures labyrinthiques en contour bleu brûlent contre le fond ocre, générant une tension narrative entre la géométrie implacable et la vie chaotique qui la conteste.
La surface ne montre pas une application lisse mais une récurrence craquelée, comme si le temps s'était cristallisé dans la peinture même. Cette vieillesse volontaire, cette patine simulée d'une œuvre qui n'a que cinq ans, pose une question de simulation de l'histoire. Mestchersky ne peint pas l'instant mais son spectre archéologique, transformant la toile en objet qui semble avoir survécu à son propre déluge.