Marqueurs acryliques sur carton · 2026 · Ath, Belgique · 30 x 30 cm
Œuvre abstraite de Marie Hélène Sigart, artiste plasticienne d'Ath en Belgique, combinant formes géométriques et organiques aux couleurs vives. La composition se distingue par son approche pop art avec des zones délimitées en violet, jaune, vert, rouge, bleu et rose, traversées par des contours noirs épais et des formes blanches dynamiques.
Les Binoclards incarne une poétique de l'assemblage formel où la géométrie plane affronte l'organique avec une jovialité délibérée. Marie-Hélène Sigart construit ici un langage visuel où le contour noir épais—héritage du vitrage émaillé et de la bande dessinée—devient l'articulation même du sens, segmentant des zones colorées sans hiérarchie apparente. La composition refuse la perspective unifiée, préférant la juxtaposition des plans comme autant de fragments d'un même chaos ordonné. Cette approche pop, incarnée par les bulles blanches et les formes arrondies, trahit une fascination pour l'innocence plastique et le design graphique des années 1960.
Cette œuvre provient d'une artiste dont le parcours mêle photographie documentaire et décoration intérieure, deux disciplines de l'espace quotidien. Sigart transpose ici les principes du design d'ambiance—équilibre des masses, dialogue des teintes, lisibilité des zones—vers l'abstraction ludique. Les segments colorés ne narrent rien sinon leur propre présence matérielle, leur vibration réciproque. Le titre énigmatique, Les Binoclards, suggère une vision fragmentée, double, écartelée entre plusieurs points de fuite, entre plusieurs mondes colorés qui coexistent sans fusion.
Le choix des marqueurs acryliques sur carton—support humble, murs d'exposition improvisés—affirme une poétique de l'accessibilité et du geste direct. Pas de peinture à l'huile solennelle, pas de technique maîtrisée ; au contraire, une immédiateté qui rappelle l'art urbain, le graffiti épuré. Le carton conserve sa grain, sa fragilité presque fragrance, tandis que les aplats fluorescents le colonisent. Cette matérialité brute transforme l'œuvre en objet transitoire, en manifeste d'un art qui refuse la pérennité du musée pour l'éphémérité du quotidien habité.
Fait partie de la série Dessins et couleurs.