Huile sur toile de lin · 1995 · Bruxelles · 1 800 € · 100x90
Sans encadrement. Avec certificat d'authenticité.
Cette triptyque frontale impose une hiérarchie psychologique où le visage central bleu d'ardoise, aux traits géométriques domine deux profils latéraux qui se déplient comme des masques du quotidien. Fontaine construit ici un théâtre de l'imperméabilité: les yeux ne se rencontrent jamais, les regards s'esquivent ou se ferment, tandis que la bouche centrale demeure scellée, noire, définitive. L'œuvre interroge moins l'identité qu'elle ne la fragmente trois incarnations possibles d'une même impénétrabilité, trois refus simultanés de transparence.
Chaque visage reçoit sa propre gamme chromatique comme un isolat affectif: l'ocre rougeâtre du centre pulse d'une chaleur sourde et refermée; les profils se teintent d'une mélancolie verte ou bleutée. Les contours noirs, appliqués avec autorité, fonctionnent non comme délimitations mais comme séparations émotionnelles des murailles dessinées. La dorure jaune du cadre pictural enveloppe cette trio sans les réconcilier, soulignant au contraire le paradoxe bruxellois de Fontaine: l'intime révélé par l'exposition demeure radicalement clos.
L'huile sur lin révèle ses couches successives empâtements bruns, glacis bleutés, striures blanches des cheveux comme autant de strates d'accès refusé. Les yeux peints ne voient pas; ils posent seulement des questions muettes. L'absence de cadre renforce cette impression d'intimité brutale, de confidence qui ne s'ouvre pas. Cette peinture de 1995 capture l'esthétique fin de siècle bruxelloise: expressionniste sans pathos, figurative sans séduction, politique sans manifeste simplement trois êtres côte à côte, impénétrables les uns aux autres.