Huile sur toile de jute · 1996 · Bruxelles · 2 250 € · 90x100
Encadrement américain. Avec Certificat d'authenticité.
Cette toile expose la dissolution de l'identité individuelle dans le flot informationnel de la modernité. La figure centrale, au visage géométrisé en rouge vif et masqué par le journal « Times », incarne l'homme contemporain réduit à consommateur passif de nouvelles. Le geste de lecture devient ici un écran, une barrière contre le regard tandis que les trois silhouettes adjacentes, teintes en vert cadavéreux et blond délavé, semblent prisonnières d'une même torpeur grise. Fontaine peint moins le portrait que l'effacement, moins la communication que son spectacle vide.
Le traitement du visage en aplats rouges hérisse la composition d'une violence latente, héritière de l'Expressionnisme nord européen. Cette chromatique agressive contraste radicalement avec le noir absorbant du fond et la neutralité grise du quotidien imprimé. La juxtaposition du pôle chaud (rouge-orange des traits) et du pôle froid (verts blafards, bleus livides) crée une vibration qui trouble la lecture spatiale. L'huile sur toile de jute confère une matérialité rugueuse, presque murale, qui renforce cette sensation d'étranglement civilisationnel.
Titled « Londres » en 1996, cette œuvre distille l'essence de la grande métropole anglaise filtrée par une sensibilité expressionniste belge à mi-chemin entre le journal qui informe et l'icône qui terrifie. Les figures ne sont pas individualisées mais typifiées en archétypes urbains. L'accent sur le journal « Times » signale une critique de la primauté du texte informatif sur l'expérience directe, du spectacle médiatisé sur la réalité. Fontaine ne peint pas Londres : elle peint le sentiment d'étouffement que produit la ville informationnelle.