Huile sur toile · 2026 · Bruxelles · 1 800 € · 160 cm x 120 cm
Cette toile incarne une violence chromatique contenue dans l'abstraction lyrique — une éruption où la matière picturale se convulse en spirales de magenta, bleu électrique et or brûlé. Hicham refuse la lisibilité figée : chaque coup de brosse s'enroule sur lui-même en volutes obsessionnelles, créant une densité visuelle où la forme se dérobe constamment. L'œuvre respire par saccades, oscillant entre l'organique (ces courbes rappellent des viscères, des plis de chair) et l'énergie pure du geste non-représentatif. Le vide rose du fond amplifie cette tension — espace de repos hostile où l'informe se déploie.
La stratégie coloriste de cette pièce repose sur un affrontement irréductible : les magenta carmin et les roses chauds du pourtour affrontent frontalement les bleus profonds et indigo qui percent le cœur de la composition. Des touches d'ocre doré et jaune moutarde jouent les médiateurs fragiles, sans jamais pacifier le conflit. Cette coexistence crée une tension rythmique — aucune couleur ne domine assez pour établir l'harmonie; toutes tentent simultanément de conquérir l'espace, générant une cinétique visuelle presque oppressante.
*Métamorphose* nomme précisément ce qui se joue: une transformation figée en pleine mutation, où rien n'est jamais forma finale. La facture empâtée, quasi sculptée, suggère une matière en transit constant — le pigment épais devient sujet autant qu'objet. En 2026, cette œuvre interroge un présent déjà liquéfié, où l'identité chromatique elle-même se dissout. La dimensionnalité imposante (160x120 cm) enveloppe le regardeur, le forçant à négocier avec cette agitation permanente plutôt que de la contempler sereinement.