Technique mixte (acrylique, aquarelle et fusain sur papier) · 2026 · Bruxelles, Belgique · 75 x 75 cm
Œuvre de l'artiste plasticienne Ôdewa Dewa basé à Bruxelles, ce dessin expressionniste présente un masque anthropomorphe aux yeux dilatés et aux contours accentués en noir et or. La technique mixte combine encre gestuelle et gouache, créant une tension visuelle entre la figuration organique et l'abstraction, caractéristique du travail exploratoire de l'artiste bruxellois. Ôdewa Dewa - Artiste plasticienne Bruxelles - Cartographie d’un Gisement Mondes Endogènes II, 2026
Cette figure anthropomorphe ne représente pas un masque mais en exhume la mémoire gestuelle. Les yeux dilatés, presque hallucinés, fixent l'observateur avec une intensité qui dépasse la simple iconographie africaine : Ôdewa Dewa construit ici une anatomie psychique où le noir creux des orbites dialogue avec les iris or-ocre, créant un circuit émotionnel fermé. Le traitement expressionniste du fusain, qui griffe et cicatrise le papier, révèle une archéologie personnelle, belgo-congolaise, où la forme primitive devient le lieu d'une introspection contemporaine.
La technique mixte fonctionne ici comme une stratigraphie : l'acrylique jaune-orange brûlée circonscrit une géographie émotionnelle, tandis que le fusain creuse, efface, revient. Les coups de pinceau horizontaux qui traversent le crâne évoquent moins une anatomie qu'une carte des mondes endogènes du titre — ces mondes internes, souterrains, cachés sous l'épiderme social. Chaque couche de matière matérialise une couche temporelle, une mémoire stratifiée que l'artiste exhume.
L'or n'est jamais gratuit chez Ôdewa Dewa : il rappelle à la fois l'héritage des masques sacrés et la violence coloniale qui les a muséifiés. En juxtaposant cette dorure luxueuse aux cavités noires, aux formes hypertrophiées et aux petits orifices monstrueux (le nez-trou, la bouche-grille), l'artiste crée une dysphonie chromatique qui trouble. Cette œuvre refuse l'exotisme : elle le déconstruit par la répétition gestuelle, par la surabondance du trait, par l'aliénation de ce qui devrait être beau en quelque chose de perturbant.
Fait partie de la série Mondes Endogènes II 2026.