Huile sur toile · 2019 · Bruxelles · 2 500 € · 120 cm x 200 cm
Travail de la peinture à l'huile en transparence.
Ce diptyque de deux mètres de largeur impose une présence physique qui écrase le spectateur par l'amplification d'une simple fleur — probablement une hortensia — transformée en paysage cosmique. La démultiplication horizontale du motif crée une respiration rythmique où chaque répétition du minuscule devient colossal, sublimant l'ordinaire jardinier en épopée picturale. L'artiste déploie ici une stratégie de l'hyperbole formelle : faire voir l'invisible du quotidien en l'agrandissant jusqu'à l'incommensurable.
La technique de la transparence à l'huile révèle ici toute sa puissance : les couches successives de glacis créent une profondeur hallucinante où violet et vert s'entrelacent sans se nier. Les noir profonds tracés au pinceau sec structurent des architectures internes, des nervures qui dessinent l'ossature botanique invisible. Cette densité de matière transparente engendre un paradoxe : plus on peint par strates, plus l'immatériel advient, le tableau devient fenêtre sur des géographies intimes.
L'opposition froide entre le violet majestueux des sépales supérieurs et le vert-jaune éclatant de la base articule une tension bipolaire sans résolution. Le ciel bleu pale qui encadre cette symphonie chromatique agit comme apaisement temporaire, mais insuffisant : le tableau vibre d'une querelle entre teintes complémentaires qui ne cessent de se repousser. C'est un paysage où la paix est toujours menacée par l'éruption chromatique.