Huile sur toile · 2022 · Bruxelles · 2 500 € · 100 cm x 200 cm
Cette composition de mangrove transpose l'écosystème côtier en symphonie chromatique où le conflit entre racines pourpres et feuillage chartreuse structure l'espace pictural. L'artiste abandonne la description mimétique pour privilégier une tension vibratoire : les traits fluides du feuillage supérieur contrastent avec l'enchevêtrement racinaire inférieur, créant un dialogue entre légèreté aérienne et ancrage tellurique. Le geste pictural refuse la retenue, embrassant une expressivité gestuelle qui transforme le sujet botanique en métaphore organique.
L'œuvre épouse une structure binaire nette : le dôme verdoyant domine une base racinaire dense, répétant la morphologie même de la mangrove. Cette hiérarchie n'est cependant pas hiérarchique : les racines n'apparaissent jamais soumises, mais plutôt équivalentes en énergie plastique. Les veines verticales qui descendent du feuillage créent un continuum dynamique, affirmant l'unité organique de l'arbre en tant que système vivant intégré, où aucune partie n'existe sans l'autre.
En travaillant l'huile avec une transparence et une densité alternées, hichamms parvient à évoquer l'humidité saturée propre aux zones de mangrove—atmosphère tropicale condensée en matière picturale. Les infiltrations de cyan et les saignements de jaune à travers les couches chromatiques suggèrent une perméabilité des frontières entre eau, air et végétal, sublimant le sujet en méditation sur l'interconnexion biologique et l'énergie diffuse de l'écosystème vivant.