huile s/panneau · 2024 · Bruxelles, Belgique · 20 x26 cm
Cette huile sur panneau capture un paysage en état de liquéfaction, où la figuration se désagrège dans le brouillard et l'humidité. Mireille Vincent construit une géographie émotionnelle plutôt que topographique : les arbres verticaux du centre s'effacent dans une brume laiteuse, tandis que le sol se stratifie en trois zones chromatiques distinctes, du carmin profond au vert acidulé. La trace du pinceau reste visible, presque mécanique, révélant une volonté de documenter l'évanouissement plutôt que la présence.
Le paysage n'existe ici que fragmenté, englouti par une matière picturale qui refuse la clarté. Les silhouettes d'arbres rougeâtres surgissent comme des fantômes, des formes résiduelles flottant entre ciel et terre. Cette approche dialoguer avec l'abstraction lyrique : le sujet importe moins que le processus de disparition, la façon dont la couleur engloutit la forme. C'est une méditation sur la fugacité, où la stabilité du paysage traditionnel cède à l'instabilité perceptive.
La composition s'organise en bandes horizontales régulières, un treillis structural que contredit l'effet atmosphérique diffus. Cette tension révèle la griffe de Vincent : l'ordre architectural du panneau en conflit avec l'érosion chromatique. Les spatules de rouge brique intense ancrent le socle, tandis que le ciel bleuté et blanc oppresse d'en haut. L'équilibre instable entre ces forces fait vibrer l'image, la transformant en paysage psychique autant que naturel.