Photographies pour Laleshka, filmant sa performance sur sa relation au sol et à la terre, cliché de Sam Lomprez, photographe bruxelloise.

Photographies pour Laleshka, filmant sa performance sur sa relation au sol et à la terre, cliché de Sam Lomprez, photographe bruxelloise.

Photographie numérique · 2026 · Bruxelles, Belgique · 350 €

Photographie numérique de Sam Lomprez, artiste et commissaire basé à Bruxelles, capturant une étude du corps en mouvement et en équilibre. L'œuvre explore la géométrie du corps humain en posture inversée sur un sol urbain minimaliste, jouant avec les ombres et la lumière naturelle. Cet acte performatif illustre la relation entre le corps, l'espace architectural et la présence physique dans l'environnement urbain. « Le geste dans cette intervention cherche à transformer la performeuse en sol. Le mouvement active les fissures que le corps contient, telles que les veines des avant-bras et les espaces concaves du torse. Je cherche à utiliser les surfaces « artificielles » d'une ville, précisément pour montrer la « nouvelle terre » et repenser ma relation avec la Pachamama transgénique. » La performance complète sur le site de la photographe Sam Lomprez: https://lomprezsam.com/Laleshka

I. INVERSION COMME GRAMMAIRE DU CORPS URBAIN

Cette photographie capture un renversement radical : le corps devient sol, la verticale s'efface au profit d'une horizontalité qui désarticule nos repères visuels habituels. En basculant vers le bas, la performeuse ne fuit pas la surface minérale de la ville mais s'y enracine, transformant le béton lisse en territoire d'exploration physique. L'image révèle comment l'inversion redéfinit la topographie du corps—les avant-bras deviennent des arêtes, le torse se creuse en vallées—comme si le geste cherchait à retrouver une géologie humaine oubliée dans l'urbanité lisse.

II. LUMIÈRE ET OMBRE : CARTOGRAPHIE DU TEMPS SOLAIRE

L'ombre projetée n'est pas simple trace mais protagoniste. Elle démultiplie le corps, crée une dualité matière/immatérialité qui double chaque ligne, chaque courbe. La lumière rasante des heures dorées accentue la texture du béton gris, révélant ses fissures comme autant de « veines du sol » qui répondent aux veines de l'avant-bras. Cette codépendance optique—où l'ombre affirme le volume du corps autant que la lumière le modèle—construit une présence amphibie, à la fois pesante et spectrale.

III. TRANSGRESSION ECOLOGIQUE ET RÉINVENTION TERRESTRE

Au-delà du spectaculaire gestuel, la performance énonce une critique douce mais ferme : comment habitons-nous la terre artificielle du béton urbain ? En se couchant sur cette surface inerte, la performeuse ne romanticise pas la nature perdue mais affronte la Pachamama transgénique—cette mère-terre hybride, colonisée, architecturée. Le geste n'est pas résignation mais alchimie : transformer le sol urbain en matrice vivante, où même le béton peut refléter une présence incarnée, respectable, terrestre.

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