Technique mixte sur toile — acrylique, encre et collage · 2026 · Bruxelles · 750 € · 70 x 50 cm
"George Sand" : un portrait expressionniste vibrant de la célèbre écrivaine et icône féministe par l'artiste plasticien Jérôme Selosse. Portrait expressionniste de George Sand, vibrant de l'artiste plasticien bruxellois Jérôme Selosse, réalisé en technique mixte associant acrylique, encre et éléments graphiques. L'œuvre capture l'intensité émotionnelle à travers une palette rose, rouge et verte dominante, avec des traits noirs énergiques et des interventions colorées qui fragmentent et reconstruisent les traits du visage. Un travail de style contemporain explorant l'identité et l'expressivité.
Selosse capture George Sand non comme figure canonique mais comme présence instable, déconstruite par des gestes expressionnistes furieux. Le visage se désagrège sous les coups de pinceau noirs et les tracés saccadés qui percent la matière rose—c'est moins un hommage iconographique qu'une excavation de l'énergie intérieure qui a animé cette femme. L'œuvre refuse la ressemblance lisse ; elle aspire à rendre visible l'intensité d'une conscience qui a dérangé son époque. La technique mixte accumule les strates, les grattages, les surcharges colorées : on voit une pensée s'édifier et se combattre elle-même.
Les roses et les rouges dominent avec une urgence émotionnelle quasi charnelle, envahissant le support comme une fièvre créatrice. Des accents de vert acide et de bleu tranchent cette enveloppe chaleureuse, introduisant des dissonances qui rendent le portrait psychologiquement palpitant. Le noir, omniprésent, joue le rôle d'un ciseau qui délimite, creuse, énerve les contours. Cette palette n'est jamais harmonieuse : elle vibre dans une tension permanente entre attirance et répulsion, entre la douceur du rose poudré et l'agressivité du rouge cardinal. Les gestes graphiques rouges en bas du tableau—quasi scriptural—ramènent à l'écrivaine elle-même, à sa parole radicale.
Cette peinture s'inscrit dans une tradition expressionniste relancée par l'abstraction gestuelle : le sujet portraituré n'existe que par l'accumulation de marques, de couleurs jetées, de matière travaillée. Selosse emprunte à Soutine, à de Kooning cette idée que peindre un visage c'est aussi le démolir, le reconstruire en tant qu'événement visuel plutôt que représentation. L'année 2026 souligne une contemporanéité paradoxale : revisiter George Sand non par le numérique mais par la peinture épaisse, le collage, l'encre—affirmer la pertinence radicale du geste manuel face à une figure majeure de l'émancipation féminine.