Acrylique et technique mixte sur toile · 2026 · Bruxelles · 750 € · 70 x 50 cm
"Suzanne Valadon" : un portrait expressionniste vibrant de la célèbre artiste peintre et figure incontournable de l'art moderne par le plasticien Jérôme Selosse. Portrait expressionniste vibrant de Jérôme Selosse, plasticien et illustrateur bruxellois. Cette peinture acrylique combine des traits gestuelistes en noir avec une palette chaleureuse dominée par les rouges, roses et dorés, créant une tension émotionnelle entre abstraction et figuration. Le style dynamique révèle l'approche expérimentale de l'artiste belge, mêlant couleur et ligne dans un traitement pictural audacieux et contemporain.
Ce portrait de Suzanne Valadon incarne une célébration viscérale de la figure féminine artiste — non comme objet de représentation, mais comme force énergétique pure. Selosse ne cherche pas la ressemblance photomécanique : il peint l'intensité, l'insubordination chromatique, la rébellion gestuelle qui caractérisait Valadon elle-même, figure iconoclaste de la modernité. Les traits noirs segmentent et déconstituent le visage en une série de plans fragmentés, tandis que la carnation blanche du visage émerge comme oasis pâle au cœur d'une tempête ocre-rouge. C'est un portrait qui respire, qui transpire, qui refuse la tranquillité.
La matérialité de la peinture acrylique et mixte refuse le lissé académique pour privilégier l'immédiateté du geste. Les coups de pinceau verticaux qui structurent le fond — or, rouge foncé, noir — créent une verticalité quasi-architectonique qui encadre la figure tout en la déstabilisant. Les yeux sont peints avec une économie de moyen qui confère une densité presque minérale au regard. Les aplats roses et rouges du buste évoquent moins le vêtement que la pulsation interne, l'énergie érotique et créatrice condensée en volumes géométriques. Selosse maîtrise l'équilibre périleux entre lisibilité et abstraction.
La palette chaude — dominée par les rouges de cadmium, les ors oxydés, les roses sanguins — évoque simultanément la passion, l'alchimie picturale et une certaine violence intime. Le noir des traits et du contour fonctionne moins comme simple dépôt de matière que comme force de gravité qui retient la couleur de s'éparpiller complètement. Les ponctuations bleutées discrètes (au bas gauche notamment) introduisent une friction chromatique mineure mais décisive, brisant l'homogénéité du spectre chaud. L'œuvre respire un équilibre instable entre ordre et chaos, entre la structure du visage et l'anarchie colorée qui la traverse.