Technique mixte sur papier — encre, huile et crayon pierre noire · 2026 · Bruxelles · 2 000 € · 140 x 100 cm
Portrait expressionniste d'une femme aux traits délicats réalisé par Jérôme Selosse, artiste bruxellois. L'œuvre combine encre, aquarelle et crayon dans une palette de roses, ocres et noirs, où le visage épuré contraste avec les coups de pinceau libres du fond. Le style mêle figuratif moderne et abstraction gestuelle, caractéristique de l'approche illustrative de cet artisan d'art belge.
Ce portrait expressionniste de Selosse capture une tension fondamentale : le visage demeure lisible, presque serein, avec ses yeux en amande et sa bouche rouge carmin, tandis que le fond se désagrège en gestualité pure. Le contraste entre la délicatesse du trait au fusain et la violence des coups de pinceau ocre crée un espace psychologique instable, comme si la présence féminine émergeait d'un chaos contrôlé. L'œuvre respire une intimité bruxelloise — cette lucidité mélancolique propre à l'expressionnisme nord-européen — où la séduction n'est jamais innocente mais toujours traversée par l'ombre.
L'assemblage d'encre, d'huile et de crayon pierre noire révèle une poétique matérielle sophistiquée. Le papier accepte chaque médium différemment : le crayon grappe, l'encre liquéfie, l'huile résiste et transparaît. Cette friction technologique refuse la lisseur et valorise l'accident, la trace visible. Le visage blanchi — presque évidé — devient le cœur blanc d'une tempête rose et ocre, transformant le portrait en acte de révélation par soustraction, plutôt que par accumulation.
Situer cette œuvre dans une série sur la séduction impose une lecture plus critique que romantique. Selosse ne flatterise pas : il expose les couches du regarder, le poids du désir culturel, l'écart entre le masque frontal et l'informe gestuel. Le rose dominant — couleur de convention féminine — est ici rongé, perturbé par les noirs intenses et l'ocre terreux. C'est un portrait qui demande : qui séduit-on vraiment, et à quel prix psychique ? L'expressionnisme bruxellois trouve ici sa voix éthique.