Portrait Mia Wallace Expressionisme - Jérôme Selosse

Portrait Mia Wallace Expressionisme - Jérôme Selosse

Huile et technique mixte sur toile · 2026 · Bruxelles · 750 € · 70 × 50 cm

Jérôme Selosse, artiste plasticien et illustrateur basé à Bruxelles, propose un portrait intimiste aux techniques mixtes combinant huile et détails graphiques. L'œuvre capture l'intensité du regard d'une jeune femme aux cheveux bruns coupés à la garçonne, avec une palette subtile de beiges, blancs et terres d'ombre. Le style expressif révèle la signature narrative de Selosse, mêlant figuration contemplative et gestualité picturale.

I. INTIMITÉ EXPRESSIONNISTE ET REGARD CAPTIF

Ce portrait capture une jeune femme dans un moment de vulnérabilité psychologique, où le regard ambré fixe le spectateur avec une intensité perturbante. Selosse construit la présence par la gestualité picturale : chaque coup de pinceau sur les cheveux devient trace de mouvement, les blancs de peinture créent une luminosité presque surnaturelle qui isole le visage du reste de la composition. La garçonne coiffée évoque un fantasme urbain, moderne, tandis que les yeux expressifs suggèrent une profondeur introspective rarement saisie dans la portraiture contemporaine.

II. MATÉRIALITÉ ET CONTRASTES EXPRESSIFS

La technique mixte révèle une maîtrise du contraste : les empâtements épais des cheveux bruns et noirs créent une masse sombre qui encadre dramatiquement le visage pâle. Les blancs de zinc appliqués en touches libres sur le front et les côtés du visage jouent un rôle scénographique, modelant la structure osseuse sans réalisme photographique. Cette gestualité visible, quasi calligraphique, refuse la lisseur pour privilégier l'émotion brute, transformant la toile en espace de négociation entre figuration et abstraction expressive.

III. PALIMPSESTE URBAIN ET NARRATIF PICTURAL

L'œuvre s'inscrit dans la généalogie du portrait expressionniste urbain, évoquant une certaine mélancolie contemporaine. Les tons terreux (umbers, ocres, siennas) ancrent le sujet dans la matérialité organique tandis que les accents de rouge aux lèvres et dans le regard déploient une tension psychosexuelle subtile. Le col noir souligne une silhouette inachevée, suggérant que ce qui échappe à la représentation complète reste plus vrai que le détail laborieusement figuré.