Photographie argentique, technique de double exposition · 2025 · Bruxelles, Belgique · 350 €
Marian Guillemin, artiste plasticienne et photographe bruxellois, explore la fusion entre le portrait et le paysage côtier par cette double exposition poétique. L'œuvre superpose le visage d'une femme aux vagues de l'océan, créant une harmonie conceptuelle entre l'identité humaine et l'énergie brute de la nature. Cette technique argentique en noir et blanc révèle la fragilité de l'existence face à l'immensité marine. Primé par l’Echevinat de la Culture de Woluwe-Saint-Pierre en 2025 - Série je te vois - Artiste Photogramme Marian Guillemain Site Internet de l'artiste: https://marianguillemin.wixsite.com/portfolio/portfolio-collections/my-portfolio/autoportrait
Cette double exposition fusionne le portrait féminin avec la violence liquide de l'océan, créant une figure qui se désagrège sous l'assaut des vagues. Le visage ne s'oppose pas au paysage : il s'y dissout, révélant une porosité radicale entre le corps et l'environnement. Guillemin ne superpose pas simplement deux images — elle abolit la frontière entre le dedans et le dehors, transformant chaque trait du visage en littoral traversé par des flots d'écume. Cette perméabilité est à la fois fascinante et vertigineuse : l'identité devient archipel.
L'argentique en noir et blanc intensifie la matérialité viscérale de cette fusion. Les tonalités grises oscillent entre la substance du visage et la transparence fluidique de l'eau, abolissant tout contraste hiérarchique. Les cristaux d'écume deviennent textures faciales ; les traits humains se transforment en courants. Cette technique argentique, avec son grain et ses micro-variations tonales, capture une impermanence que le numérique ne pourrait pas aussi intensément documenter — chaque grain devient un cristal de sel, chaque gris un moment d'évanouissement.
L'œil, patiemment conservé au centre de la composition, demeure ancrage ultime : c'est le dernier vestige de conscience avant la submersion totale. Ce que Guillemin révèle ici, c'est moins une représentation romantique de la nature sublime qu'une anatomie de la vulnérabilité face aux forces qui nous dépassent. La série « Je te vois » prend ici son sens plein — voir, c'est aussi accepter d'être vu par ce qui nous engloutit, de reconnaître notre fragilité ontologique dans le miroir de l'indifférence marine.