bronze · 2026 · Bruxelles, Belgique
Bronze, patine bleue réalisée à la main. Série limitée à 8 exemplaires, chacun numéroté et signé. Elle tient dans le creux de la main, et pourtant elle contient tout un monde. Une figure enroulée sur elle-même, genoux ramenés, bras refermés, visage enfoui, le corps fait galet ou graine, une masse compacte qui se suffit à elle-même. Sa douceur est dans les courbes pleines, dans la peau lisse, dans la chevelure finement striée qui attire le regard vers le visage, les yeux clos, paisible. Sa patine bleue évoque l'eau profonde ou la nuit, et la rend à la fois proche et hors du temps. Mais cette douceur n'a rien de fragile. Il y a de la force dans cette façon de se rassembler, de se tenir soi-même, de faire du repli un socle plutôt qu'une chute. Celle qui se recompose en silence n'est pas vaincue : elle reprend son souffle avant de repartir. Son titre est une supplique, son visage une sérénité. Elle demande la protection tout en étant déjà apaisée, comme si l'abandon était une forme de confiance. S'abandonner, c'est croire que la main qui la tiendra sera juste. Il faut une grande force pour accorder cette confiance. Faite pour être prise en main et tournée sous tous les angles, elle propose à celui qui la tient une réciprocité : la protéger à son tour. Chacun des huit exemplaires, numéroté et signé, est une pièce à part entière.
Protège-moi se présente comme une masse compacte, presque minérale, où le corps humain s'est replié jusqu'à devenir galet ou graine. Les genoux ramenés, les bras refermés, le visage enfoui : la figure n'occupe pas l'espace, elle le contracte. Cette économie de forme, d'une densité remarquable pour un format de paume, transforme la posture de la retraite en une architecture autonome, qui se suffit à elle-même.
La surface lisse, les volumes pleins et la chevelure finement striée orientent le regard vers le visage aux yeux clos, dont la sérénité contredit la supplique du titre. Pick fait du repli non une chute mais un socle : celle qui se rassemble ne se défait pas, elle se tient. La tension entre fragilité apparente et stabilité sculpturale constitue le cœur émotionnel de l'œuvre, et invite à lire l'abandon comme un acte de confiance plutôt que de faiblesse.
Conçue pour être saisie et tournée entre les mains, la pièce engage celui qui la tient dans un échange silencieux : recevoir la protection, puis la rendre. Cette dimension haptique, renforcée par la série limitée et la numérotation de chaque exemplaire, fait de Protège-moi un objet de relation autant qu'une sculpture. Le bronze, matière de mémoire et de durée, porte ici une douceur intime qui survit à la main qui le presse.
Fait partie de la série Sculptures Bronzes 2026.