Huile sur toile de lin · 2026 · Bruxelles · 460 € · Ovale 50x40
Certificat d'authenticité.
Cette composition circulaire enferme deux fenêtres géométriques, réduites à leurs diamants jaunes luminescents qui percent la profondeur bleutée. Fontaine construit un espace labyrinthique où les cadres se dédoublent, se répètent, créant une sensation vertigineuse d'infinité. Les regards troublants du titre se matérialisent dans ces deux petits carrés diamants qui observent depuis la matière picturale, transformant la fenêtre généralement symbole d'ouverture en dispositif hermétiquement clos. La géométrie austère contraste violemment avec la gestuelle expressionniste des strates colorées.
La technique de l'huile sur lin révèle des couches accumulées, des incisions qui creusent la surface comme autant de blessures ou d'empreintes temporelles. Les ombres indigo et gris vert se superposent, créant une densité matérielle où le temps se fossilise. L'artiste nourrie de treize années académiques maîtrise l'architecture du support pour générer une profondeur quasi sculptée. Cette accumulation chromatique traduit une obsession : celle du quotidien urbain bruxellois transformé en catharsis picturale, où chaque coup de pinceau archive une microseconde d'observation.
Le format circulaire enroule le spectateur dans cette chambre de regards en miroir. Les deux fenêtres ne sont jamais identiques l'une légèrement décalée, asymétrique instillant une tension psychologique subliminale. Fontaine transforme l'intime architectural en source d'étrangeté poétique : ces ouvertures deviennent des visages aveugles qui nous fixent, dérobant leurs secrets derrière le verre jauni et les broussailles d'ombres. L'œuvre pulse d'une ambiguïté délibérée : appel ou refus d'accès ?