Technique mixte sur toile — collage, peinture acrylique et photographie · 2024 · Bruxelles · 30 x 30 cm
Sachiyo Honda, artiste plasticienne basée à Bruxelles, compose une œuvre surréaliste hybride mêlant collage photographique, peinture acrylique et éléments organiques. Cette création joue sur les contrastes entre le figuratif mélancolique d'un buste masqué et l'exubérance colorée d'un univers fantastique peuplé de créatures fantaisistes et de fleurs éclatantes. Black Soudiers 2024
Le buste photographique central, enveloppé d'un masque fragmenté, incarne une dissolution de l'identité confrontée au chaos ornemental qui l'entoure. Cette figuration mélancolique devient le cœur neutre d'un univers débordant, créant une tension existentielle entre l'inexpressivité du sujet et l'exubérance chromatique de son environnement. Honda compose ainsi un manifeste visuel sur l'aliénation moderne : le moi humain écrasé sous le poids des images et des représentations, réduit à une surface grise tandis que le monde fantasmé continue ses métamorphoses colorées autour de lui.
La technique mixte déploie une stratigraphie où photographie en noir et blanc, acrylique fluorescente et éléments organiques cohabitent sans hiérarchie. Les créatures roses translucides, le pigeon obsidien, les tournesols jaunes sanguins forment un bestiaire dreamlike qui colonise l'espace comme des parasites symboliques. Ce collage refuse l'harmonie : chaque couche de matière affirme son autonomie, ses bords dentelés restent visibles, cicatriciels, revendiquant une poétique du fragment assemblé plutôt que de la fusion synthétique.
Le jaune citron agressif des fleurs, le rose bonbon déviant des créatures fossiles, le vert mouche du fond forment une palette qui hurle plutôt qu'elle ne chante. Cette chromatique hyperbolique, appliquée sur un sujet grisé, fonctionne comme une agression visuelle volontaire, un cri d'insubordination plastique. Honda transforme la couleur en arme : chaque teinte crue devient un refus d'apaisement, une affirmation que le monde fantasmé est bien plus vivant, bien plus intolérable que l'existence réelle du sujet momifié au centre.