Sam Lomprez – Photographies et film pour Haolin Huang Sam Lomprez – Photographies et film pour Haolin Huang — mise en situation Affiche Urbaine — Sam Lomprez, Bruxelles, Belgique

Sam Lomprez – Photographies et film pour Haolin Huang

Photographie argentique · 2026 · Bruxelles, Belgique · 350 €

Autoportrait conceptuel de Sam Lomprez, photographe et commissaire basé à Bruxelles, explorant la géométrie du corps humain par la photographie argentique en noir et blanc. L'œuvre joue sur l'abstraction formelle, transformant la silhouette en composition minimaliste où les lignes blanches structurent et fragmentent le corps. Flotter, flotter, tomber, tomber « Courir sur un ballon géant, rouler à travers un tunnel étroit, écrasant tout sur son passage. Chaque fois que je parvenais à m'échapper du tunnel, ma fièvre disparaissait. Ce ballon, je le vois à présent, était une métaphore de mon propre ego — prêt à tout écraser sur son passage. Mais au lieu de le laisser détruire, je choisis de le libérer dans cet espace éphémère, là où la gravité rencontre l'apesanteur, où le solide se mêle à l'instable, et ce qui autrefois écrasait flotte désormais : un château gonflable. » Les photographies de la commission Haolin: https://lomprezsam.com/Haolin

I. GÉOMÉTRIE DE L'EFFONDREMENT

Cette photographie argentique capture un moment de désagrégation contrôlée du corps, où la silhouette se fragmente sous le poids de lignes blanches qui structurent et déconstruisent simultanément. Sam Lomprez transforme son propre corps en architecture minimaliste, ses bras levés formant des arcs qui rappellent l'effondrement d'une structure porteuse. L'espace environnant absorbe la forme plutôt que de l'encadrer, créant une porosité visuelle où le dedans et le dehors se confondent. Cette composition évoque l'ego gonflé du récit autobiographique — un ballon prêt à exploser, ici seulement contenu par l'abstraction géométrique du cadre.

II. BLANC COMME LIGNE DE RUPTURE

Les rubans ou tissus blancs qui structurent l'image ne sont pas des voiles mais des cicatrices plastiques, des marques de division intentionnelle du corps en plans et segments. Ils refusent la continuité biologique pour imposer une logique réifiante, presque architecturale. Cette blancheur incisive crée un contraste radical avec le grain noir et la texture du pelage ou du tissu qui compose le corps, établissant une tension entre l'organique et le géométrique. Lomprez ne cache ni n'idéalise : il désacralise la figure humaine en la soumettant à des principes de composition formelle empruntés au constructivisme.

III. L'APESANTEUR DANS LE NOIR

Malgré la pose enracinée et la frontalité de la composition, une dynamique de lévitation anime l'image — ce que le texte autobiographique nomme explicitement : flotter, tomber. Le noir profond qui enveloppe la figure suggère un espace sans fond, où la gravité s'annule. La tête légèrement basculée, les bras levés, les lignes blanches qui semblent tirer vers le haut : tout conspire à créer une illusion d'apesanteur momentanée. C'est l'instant de libération du château gonflable, ce moment où le solide rencontre l'instable et où ce qui écrasait autrefois s'abandonne à la flottaison.

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