Serie asphyxie.

Serie asphyxie.

Huile wn glacis. · 2010 · Bruxelles, Belgique · 900 € · 65 x 84 cms

Huile en glacis sur bois, encadré.

I. UNE ÉLÉGANCE SOUS VERRE

La figure féminine, assise avec une nonchalance presque théâtrale sur un canapé aux contours flous, porte une robe de satin rose cuivré et un masque à gaz dont le tuyau ondulé serpente jusqu'à sa main ornée de bagues saphir. Le contraste entre la coquetterie du costume et l'instrument de protection militaire produit une tension immédiate : la séduction se fait ici rempart. La chevelure bouclée, travaillée avec une minutie presque baroque, prolonge cette ambiguïté entre artifice mondain et menace invisible. Le spectateur est placé face à une image qui semble suspendue entre la pose du portrait de cour et le constat d'un air devenu irrespirable.

II. LA GLACE COMME MÉTHODE

La technique en glacis, couches translucides superposées sur fond sombre, donne aux chairs leur blancheur de porcelaine et aux tissus leur profondeur veloutée. Les plis de la robe, modelés par des transitions douces, rappellent la tradition de la peinture flamande et néoclassique, tandis que le fond bleu-nuit, presque monochrome, isole la figure dans un espace indéfini. Le travail de la lumière, qui semble venir d'une source latérale, accentue les volumes sans jamais verser dans le spectaculaire. Cette maîtrise classique sert un propos contemporain, comme si la rigueur ancienne devenait le seul langage capable de dire l'angoisse actuelle.

III. ASPHYXIE ET ALLÉGORIE

Le titre de la série, Asphyxie, déplace la lecture vers un registre allégorique où le masque ne protège pas tant qu'il dévoile une condition : celle d'un corps et d'une société privés d'air, réduits à l'apparat. La femme ne regarde pas le spectateur, son regard est absorbé par l'objectif circulaire du masque, ce qui transforme la contemplation en interrogation. Le rose de la robe, couleur de la chair et de la vie, se trouve en tension avec l'attirail mortifère, et cette opposition constitue le nerf critique de l'œuvre. Ainsi, l'image interroge moins la menace elle-même que notre capacité à la transformer en élégance.

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