2026 · Bruxelles
« Tornade » incarne une confrontation plastique entre l'ordre et le chaos, où le geste pictural prime sur la représentation. Les strates chromatiques s'entrelacent selon un mouvement rotatif qui émane du centre, créant une tension cinétique où le jaune-vert luminescent s'élève contre l'ancrage terrien de l'ocre-rouille. Cette composition révèle l'influence gestuelle de l'abstraction lyrique, où chaque coup de pinceau devient traces d'une force naturelle invisibilisée, transcendée en pure matérialité.
La palette expose un gradient thermique volontaire : l'inferno tellurique des terres brûlées (orange, brun) constitue le socle énergétique, tandis que le spectre froid du bleu-pétrole et du cyan surgit en contrepoint atmosphérique. Le jaune-lime devient le seuil critique, zone de turbulence où chaud et froid s'annihilent. Cette architecture colorée ne décrit pas la tornade — elle l'incarne par la somatisation des extrêmes.
L'œuvre privilégie la trace brute et la visibilité de la gestualité picturale : les lignes parallèles du pinceau large refusent l'illusionnisme au profit d'une affirmation du médium. Cette approche, caractéristique de la plasticité bruxelloise actuelle, dialogue entre l'héritage expressionniste et une abstraction matérielle résolument contemporaine. Hicham transforme un phénomène météorologique violent en méditation sur la force organique de la couleur elle-même.