Peinture numérique · 2025 · Bruxelles, Belgique · 350 €
Cette œuvre de Bruno Ceretta, artiste numérique basé à Bruxelles, explore la dissolution de l'architecture urbaine contemporaine à travers une technique de peinture numérique. L'immeuble de grande hauteur, aux façades répétitives et pixelisées, se fragmente graduellement dans une atmosphère diffuse teintée de bleu et de rose, questionnant la permanence de la ville moderne. Le style mêle réalisme architectural et abstraction poétique, créant une tension entre ordre urbain et évanescence atmosphérique. Tour de Babel 2.0 – Bruno Ceretta - Oeuvre Peinture Numérique Bruxelles Insta: https://www.instagram.com/cerettabruno/
Cette *Tour de Babel 2.0* de Ceretta transpose le mythe antique dans le langage pixélisé du numérique, où l'immeuble ne s'effondre pas mais s'efface graduellement, érodé par une atmosphère que l'on dirait respirante. La façade répétitive — ces fenêtres-carrés obsessionnels — demeure architecturalement rigoureuse dans sa moitié inférieure, avant de se déliter en haut en touches d'abstraction amorphe. C'est une métaphore glaçante de notre époque : la ville hypermoderne ne s'écroule plus par châtiment divin, elle s'évapore dans l'indifférence climatique et numérique.
Le pinceau numérique de Ceretta opère ici un double geste : d'abord documenter avec un hyperréalisme froid la grille urbaine sans âme, puis la soumettre à une dissolution progressive, comme si l'algorithme lui-même devenait poétique. Les contours perdent leur netteté en montant vers le ciel ; la texture passe du minéral au vaporeux. Cette technique ne simule pas simplement la peinture traditionnelle : elle en invente une nouvelle forme, où le pixel est à la fois unité d'ordre et grain d'évanescence.
Le turquoise virulent du côté gauche — ce bleu aqueux, presque phosphorescent — entre en friction dramatique avec les rose-pêche chauds du côté droit, un dégradé qui ne s'apaise jamais en harmonie. Cette collision de températures crée une instabilité visuelle permanente, une respiration colorée que le blanc laiteux du ciel ne pacifie pas. Ceretta peint ainsi l'asphyxie esthétique de l'architecture urbaine : belle, méticuleuse, mais engloutie par des forces atmosphériques qui lui échappent.