Cette photographie documente une œuvre peinte par Nicole De Pauw, intitulée « La belle Égyptienne et ces pyramides ». Le cliché capture une composition où le visage d'une figure féminine aux yeux bleu intense occupe le tiers gauche du cadre, tandis que des formes verticales suggestives de pyramides structurent la moitié droite. L'image révèle la matérialité du travail pictural et son dialogue entre figuration et abstraction.
La photographie saisit l'œuvre achevée, figée dans sa totalité. Le regard du spectateur est immédiatement capturé par le visage frontal, aux traits précis — yeux bleu outremer, lèvres rouges corail — souligné d'une parure dorée et d'ornements évoquant une iconographie égyptienne. À droite, les formes verticales se déploient en strates et en dégradés, créant un second foyer narratif qui dialogue avec la présence humaine du côté gauche.
Le cadrage frontal privilégie une profondeur limitée, posant l'œuvre peinte d'emblée comme surface à explorer. La lumière naturelle révèle la texture accumulée du travail : les glacis successifs, les superpositions de teintes ocre, blanc cassé et gris-bleu forment un palimpseste où le temps du geste demeure visible. Le contraste chromatique entre la précision des traits du visage et l'abstraction gestuelle du reste de la composition crée une tension visuelle ; les verticales jaune-or et blanc pâle des pyramides éclaboussent la matière sombre du fond, guidant le regard en mouvements ascendants.
Cette œuvre documente l'approche intuitive de Nicole De Pauw, où la figuration émerge d'une gestualité spontanée et d'une accumulation de matière. Le titre annonce un motif — l'Égyptienne et ses pyramides — mais la photographie montre comment ce motif se dissout partiellement dans l'abstraction, comme si la forme épousait son propre dépassement. Le travail révèle une sensibilité à la couche, à l'usure, à ce qui persiste ou s'efface : un langage visuel où la peinture se construit par strates successives, entre incarnation et dissolution.