Poème
Dans ce cri poétique intitulé « Fauve », Jérôme Selosse de Bruxelles énonce les principes radicaux d'une esthétique de la provocation. Le texte pulse d'une énergie fauvist intrépide, où l'auteur rejette délibérément le confort du beau pour saisir le vrai qui heurte et dérange. À travers une écriture incisive et gestuelle, il célèbre l'élan du corps créateur, libéré des chaînes de l'intellect, pour laisser émerger une forme authentique qui respire au rythme de l'artiste. Une déclaration d'indépendance poétique, où l'indifférence affichée envers le « reste » devient paradoxalement la marque d'une sincérité absolue.
Fauve
Je ne cherche pas le beau. Je cherche le vrai qui dérange.
La couleur, je la jette comme une insulte tendre,
rouge contre vert, jusqu'à ce que ça morde.
Mon corps fait la peinture, ma tête regarde, dépassée.
Reste une forme qui respire encore et me ressemble.
Le reste, je m'en fous.
Manifeste poétique d'une création brute et viscérale qui privilégie la vérité dérangeante à l'esthétique convenue. Jérôme Selosse expose sa philosophie de l'art comme acte physique et émotionnel, où la couleur devient agression tendre et le corps prime sur la raison.
couleur · vérité · corps · transgression · création brute