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Les Vertiges de la Réalité au cœur du WOM. tour et taxi Bruxelles

Les Vertiges de la Réalité au cœur du WOM. tour et taxi Bruxelles

Jérôme Selosse signe pour Dropmuse un récit captivant de visite au WOM, ce nouveau musée d'expériences immersives qui transperce l'effervescence urbaine de Tour & Taxis. Entre fascination et vertige, l'auteur décrit comment ce labyrinthe de perceptions truquées, agrémenté des explications du célébre neurologue Steven Laureys, nous confronte à la faillibilité délicieuse de notre esprit. Un texte qui mêle poésie urbaine, merveille ludique et réflexion existentielle sur la nature même de la réalité.

Les Vertiges de la Réalité : Plongée au cœur du WOM dans l'ébullition de Tour & Taxis

Un reportage de Jérôme Selosse (Bruxelles) pour Dropmuse.art


En ce mois de juillet 2026, Bruxelles s'étire sous la chaleur estivale, mais sur les rives du canal, un tout autre microclimat règne. Tour & Taxis n'est plus cette friche industrielle endormie d'autrefois, ni même un simple quartier en devenir : c'est aujourd'hui le cœur battant et durable d'une capitale en pleine mutation.


La tendance, dans cet immense écosystème urbain, est à l'hybridation spectaculaire. On s'y presse pour flâner sous l'impressionnante charpente en bois de la Gare Maritime, véritable ville sous cloche dédiée au circuit court et à l'architecture écoresponsable. À l'extérieur, le gigantesque parc paysager accueille les badauds venus profiter des festivals d'été, des food-trucks et des expositions à ciel ouvert. Tour & Taxis est devenu ce village futuriste où le patrimoine de briques et d'acier épouse la verdure et la culture. C'est précisément dans ce hub de l'avant-garde bruxelloise, au numéro 13 de la rue Picard, que se dresse une expérience qui vient joyeusement parasiter nos certitudes : le WOM, pour World of Mind.


Quitter l'esplanade baignée de soleil pour pénétrer dans les 1 500 mètres carrés du WOM, c'est un peu comme traverser le miroir d'Alice. Dès les premiers pas, l'architecture colossale de Tour & Taxis laisse place à un labyrinthe sensoriel à l'esthétique pop et colorée. On n'y vient pas pour contempler sagement des œuvres accrochées à une cimaise, on y vient pour vaciller.


Avec plus de 60 illusions visuelles, tactiles et auditives, le parcours immersif est une fabrique à vertiges. Je regarde les visiteurs — des familles riant aux éclats, des couples désorientés, des solitaires perplexes — trébucher avec le sourire. Les perspectives se tordent, les proportions s'inversent, le sol semble se dérober sous nos pas et les sons nous murmurent des mensonges. En une époque où le virtuel et les réalités altérées saturent notre quotidien, le WOM matérialise ce vertige existentiel : si nos sens peuvent être si facilement piratés, qu'est-ce que la réalité ?


Mais la véritable force de ce lieu ne réside pas uniquement dans son côté spectaculaire. Le WOM refuse de n'être qu'un habile palais des glaces. Tout au long de cette traversée psychédélique, l'esprit trouve des havres de rationalité : les « corners de science ». C'est là qu'intervient le célèbre neurologue belge Steven Laureys. Telle une boussole dans la tempête de nos perceptions, il apparaît au fil d'installations multimédias pour décortiquer la mécanique de nos illusions.


Avec une pédagogie ludique et surprenante, le scientifique vulgarise les méandres de notre cortex. Il nous explique comment notre cerveau interprète la lumière, extrapole les sons et cartographie l'espace. Soudain, l'illusion est démystifiée. Pourtant, loin de briser la magie du lieu, cette explication scientifique révèle un mystère bien plus grand : la machine fascinante, complexe et parfois faillible qu'est notre propre esprit.


En ressortant du musée, on cligne des yeux face à la lumière de la fin d'après-midi. L'effervescence de Tour & Taxis reprend ses droits, mais le regard a changé. Les lignes symétriques des anciens entrepôts semblent vibrer d'une façon nouvelle, et les reflets du soleil sur le canal bruxellois prennent des airs de mirages. Tour & Taxis dessine peut-être l'avenir urbain de Bruxelles, mais le WOM est là pour nous rappeler une leçon essentielle avec beaucoup de malice : cet avenir, tout comme le monde qui nous entoure, n'existe finalement que dans notre tête.


Jérôme Selosse, égaré avec délices dans les méandres de l'esprit, en exclusivité pour la rédaction de Dropmuse.art.

Jérôme Selosse nous entraîne au cœur du WOM de Bruxelles, ce musée des illusions qui transforme la visite en traversée du miroir. Entre merveille sensorielle et enquête sur les mécanismes de la perception, le texte capture l'instant où le réel vacille et où la science redonne du mystère à ce qui semblait magique. Une promenade où l'œil du peintre rencontre l'esprit du reporteur.

I. LA VOIX ET LE STYLE

L'écriture de Selosse déploie une syntaxe fluide et respirante, oscillant entre le ton du flâneur urbain et celui du penseur qui s'interroge. Les phrases longues se déroulent comme une déambulation — « on s'y presse pour flâner sous l'impressionnante charpente en bois » — tandis que les formules brèves créent des haltes visuelles décisives : « le WOM est là pour nous rappeler une leçon essentielle ». Le lexique mêle le poétique (« labyrinthe sensoriel », « havres de rationalité », « mirages ») au tangible (charpente en bois, 1 500 mètres carrés, rue Picard), créant un équilibre entre rêverie et précision documentaire. La voix porte en elle la curiosité du peintre expressionniste : elle sait observer les corps qui « trébuchen avec le sourire », elle capte les détails infimes qui font basculer la perception.

II. L'IMAGINAIRE ET LE SENS

Le texte construit un parcours initiatique où la réalité devient poreuse. L'image du miroir d'Alice structure l'imaginaire : traverser le seuil du WOM, c'est pénétrer un espace où les certitudes se liquéfient. Selosse explore la tension vertigineuse entre sensation et compréhension — nos sens nous trompent, mais la science explique ce mensonge et, ce faisant, révèle quelque chose de plus fascinant encore : la complexité de notre propre esprit. Le lieu incarne une question métaphysique contemporaine : à l'époque des réalités altérées et du numérique saturé, qu'en est-il du réel ? Le WOM ne propose pas une réponse, mais une expérience incarnée de cette interrogation. À la sortie, Bruxelles elle-même devient vertige — les lignes des entrepôts vibrent, les reflets sont des mirages — suggérant que la transformation opérée par le musée ne s'efface pas.

III. LA RÉSONANCE

Ce texte s'inscrit dans une démarche où le peintre documentariste refuse la séparation entre œuvre et environnement urbain. Tour & Taxis n'est pas décor mais personnage à part entière, zone de mutation où l'esthétique et la pensée se rencontrent. Le WOM y apparaît comme un espace d'art contemporain qui n'a rien de nostalgique : il interroge le présent et ses vertiges. La présence de Steven Laureys, neurologue, et la vulgarisation scientifique qu'il propose, relèvent d'une conviction partagée par Selosse : que la compréhension du mécanisme ne détruit pas la merveille, elle l'amplifie. Cette visite devient un manifeste implicite sur le rôle de l'art urbain et immersif dans une capitale en mutation — non pas décor, mais lieu de pensée vivante.

https://wom.brussels/

Lieu : WOM - World Of Mind

Résumé éditorial

Jérôme Selosse nous plonge dans le WOM (World of Mind), un musée immersif de 1500 m² niché au cœur de Tour & Taxis à Bruxelles. Entre 60 illusions sensorielles désorientantes et explications scientifiques du neurologue Steven Laureys, ce lieu hybride interroge notre perception de la réalité en questionnant la fiabilité de nos sens.