Essai
Vanessa Seconde, artiste contemporaine namuroise, signe un texte de réflexion à la fois personnel et universel. Entre rappel à soi-même et appel au lecteur, cet essai poétique interroge le cœur de la démarche créative : celle du dépassement du doute et du confort pour embrasser l'inconfort fertile de l'art. Un manifeste minimaliste mais percutant, signé par une praticienne de l'abstrait qui refuse le silence.
Rappel à moi même :
S’il y a une infime chance de créer quelque chose qui me rendra vivante, je prends ce risque. La vie est trop courte et l’art trop rare pour rester sage.
Ce sont les mots que je me répète quand le doute s’installe. Créer n’est jamais confortable, mais rester silencieuse l’est encore moins.
Et toi, quelle est ta version de ce risque à prendre ?
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Vanessa Seconde adresse à elle-même un manifeste du créateur en péril : celui qui doit choisir, chaque jour, entre l'inconfort de la création et le silence complice. Ce court texte est une profession de foi murmurée, une question lancée vers le lecteur, une invitation à reconnaître le risque existentiel que représente le fait de faire œuvre.
L'écriture ici épouse la forme de la confidence intime : un je déclaratif qui s'adresse d'abord à soi-même, puis au monde. La syntaxe demeure simple, presque enfantine dans sa directivité (« La vie est trop courte »), mais cette simplicité porte une charge philosophique que l'auteure ne dissimule pas. Le ton oscille entre l'affirmatif et l'interrogatif, cherchant moins à convaincre qu'à partager une vérité éprouvée. Cette brièveté volontaire, cette densité aphoristique, convoque un registre à mi-chemin entre le journal intime et le cri : on lit une artiste qui pense par fragments, qui jette ses idées comme on jette de la peinture sur une toile.
Le texte pose en tension deux états existentiels : d'un côté, la création envisagée comme risque vital (« une infime chance de créer quelque chose qui me rendra vivante »), de l'autre, le silence envisagé comme confort anesthésiant. Cette opposition ne relève pas de la rhétorique creuse : elle traduit une expérience sensible où l'acte de créer est physiquement liée à la sensation d'exister. L'« infime chance » suggère une probabilité fragile, presque dérisoire, mais acceptée comme le seul pari valable. L'invocation du doute (« quand le doute s'installe ») reconnaît la réalité du combat intérieur, sans jamais la peindre en victoire. La question finale (« Et toi, quelle est ta version de ce risque à prendre ? ») rompt l'isolement du monologue : elle généralise l'enjeu personnel en enjeu partagé.
Ce texte s'inscrit dans la longue lignée des autoexhortations d'artistes, mais avec une modernité singulière : il ne s'agit pas de grandiloquence romantique, mais d'une pragmatique de survie créative. Pour Vanessa Seconde, peintre du chromatisme organique et de l'art brut, cette déclaration n'est pas une abstraction théorique mais une nécessité qui traverse son travail : explorer l'émotion humaine par la couleur et la texture exige justement ce courage minimal. Le texte fonctionne comme un rituel d'autoencouragement destiné à traverser les périodes stériles, une formule apotropaïque contre l'inertie. En interpellant le lecteur, elle reconnaît que ce risque-là n'est jamais solitaire : il est celui de tout créateur confronté à la possibilité du silence.
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Vanessa Seconde livre un manifeste intime et puissant sur le courage créatif. Entre affirmation de soi et questionnement adressé au lecteur, elle pose l'enjeu existentiel de l'artiste : prendre le risque de créer plutôt que de rester silencieuse face à la brièveté de la vie.
création · courage artistique · prise de risque · art contemporain · authenticité