Huile sur toile · 2026 · Bruxelles Belgique · 600 € · 48x60cm
Ici, une œuvre soulignant ma volonté de rester entre figuration et abstraction, ainsi qu’intégrer des références à l’enfance, le souvenir, ainsi que la vie quotidienne, en gardant une interprétation ouverte. Tout en venant questionner l’effacement et la disparition progressive des choses et événements passés.
« De zaterdagman » capture une silhouette humaine en cours de dissolution, où le profil se dissout dans des couches de pigment gris-vert. Le contour jaune vif devient seul ancrage de la forme, comme une dernière tentative de préservation contre l'oubli chromatique. Cette ligne dorée fonctionne à la fois comme balise mnémonique et comme cicatrice du temps — elle affirme ce qui disparaît. L'œuvre interroge l'acte même de mémoriser : peut-on retenir l'essence d'une personne par son contour seul ?
Le fond révèle plusieurs temporalités superposées : rose oxydé, bleu de fenêtre, vert de mur urbain, gris de plâtre. Ces strates évoquent moins un tableau achevé qu'un mur de Bruxelles portant les traces de ses anciens graffitis et peintures. L'artiste privilégie ici l'accumulation plutôt que la clarté, transformant la toile en archéologie visuelle. Chaque teinte parle d'une couche temporelle — l'enfance rose, la vie adulte grise, la ville qui persiste sous toutes les couches.
Le geste pictural oscille délibérément : le profil reste reconnaissable (« zaterdagman », l'homme du samedi), mais son intégrité est compromise par l'abstraction ambiante. Aucun détail facial n'existe, seule demeure la contenance. Cette poétique de la disparition progressive révèle l'obsession de Tshibangu pour ce qui s'efface — non pas comme perte brute, mais comme transformation poétique où la mémoire devient matière picturale, poreuse et inévitablement corrompue.