Mes renards de Bruxelles.

Mes renards de Bruxelles.

Acrylique · 2026 · Bruxelles, Belgique · 110 € · 30 cms

Sur boites de fromage recyclées, récupérées en rue.

I. LE RENARD COMME ÉCHO DE LA VILLE

Douze renards, figés dans des postures de chute, de course ou d'abandon, peuplent le sol comme autant de présences fantomatiques prises au piège de leur propre image. Rose de la Haye n'en fait pas des bêtes sauvages célébrées dans leur majesté : ils sont traités avec une précision anatomique qui frôle la planche naturaliste, puis déposés au milieu des feuilles mortes et de la pelouse urbaine. La ville et l'animal se rejoignent dans cette même vulnérabilité.

II. LE SUPPORT RÉCUPÉRÉ ET LA MÉMOIRE DU REBUT

Le choix des boîtes de fromage ramassées en rue n'est jamais neutre : ces couvercles de bois clair, marqués de traces d'usage et de rainures d'assemblage, portent en eux une vie domestique et commerciale déjà achevée. Le renard, animal lui-même considéré comme nuisible et chassé dans les faubourgs, se trouve ainsi peint sur un objet de rebut, redoublant la logique d'exclusion qu'il incarne. L'œuvre fait de la récupération un geste de réparation symbolique.

III. LE TEXTE COMME DÉNONCIATION MURMURÉE

L'inscription répétée « JE NE SUIS PAS VISIBLE », calligraphiée à la main et parfois doublée d'un tampon « AFFINAGE ROSE », glisse un discours politique discret mais tenace. Ce mot d'ordre, qui pourrait être celui de l'animal traqué, de l'habitant invisibilisé ou de l'artiste de rue lui-même, transforme chaque disque en témoignage. La série interroge ainsi ce qui, dans l'espace urbain, est vu, toléré ou effacé.

Fait partie de la série Je ne suis pas un nuisible.

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