Peinture

Du code à la toile : portrait d'une artiste bruxelloise Saloua Sarhiri Bruxelles

Du code à la toile : portrait d'une artiste bruxelloise Saloua Sarhiri Bruxelles

Saloua Sahiri, artiste plasticienne et peintre basée à Bruxelles, livre ici un témoignage personnel sur son parcours atypique : dix ans comme ingénieure informatique chez Xerox avant de basculer définitivement vers la création plastique. Cet essai intime explore son processus singulier d'autohypnose face à la toile et sa philosophie de transformation du chaos en beauté. Entre installations immersives mêlant acrylique, or et matériaux composites, Sahiri défend une art librement engendré, refusant les commandes au profit de l'authenticité créative. Un texte de passage qui interroge le courage de suivre son appel artistique.

De l'Algorithme à la Toile : Transformer le Chaos en Lumière


Par Saloua Sarhiri, pour ma page officielle : https://dropmuse.art/artiste/saloua-sahiri-peintre-plasticien-bruxelles


Bonjour et bienvenue dans mon univers. Je suis Saloua Sarhiri, artiste plasticienne et peintre basée à Bruxelles. Si vous lisez ces lignes aujourd'hui, c'est que nos chemins se croisent d'une manière ou d'une autre, et je tenais à prendre la plume pour vous raconter moi-même l'histoire qui se cache derrière les toiles, les couleurs et les froissements de matière que vous pouvez découvrir ici.


Il y a des parcours qui se tracent en ligne droite, et d'autres qui ont besoin de détours pour trouver leur véritable sens. Le mien appartient à la seconde catégorie. Pendant une dizaine d'années, j'ai évolué dans un monde fait de rigueur et de logique : j'étais ingénieure en informatique chez Xerox. Je voyageais à travers le monde pour des projets technologiques complexes. Pourtant, le soir, lorsque l'ordinateur s'éteignait, une autre vie commençait. Je peignais. En secret, presque comme une urgence, pour me déconnecter et retrouver mon souffle.


En réalité, cette urgence a toujours été là. Ma toute première "œuvre", je l'ai réalisée à l'âge de deux ans, avec un tube de rouge à lèvres sur un mur de la maison. J'ai grandi dans les odeurs de térébenthine de l'atelier de ma mère, peintre elle-même, où je passais tous mes mercredis après-midi. Je suis, comme j'aime à le dire, née dans un tourbillon de couleurs.


Le véritable déclic professionnel a eu lieu en 2013. Avec mon mari, nous avions créé des appartements touristiques et j'ai décidé d'y accrocher mes toiles, presque par hasard, pour habiller les murs. Les retours des visiteurs ont été fulgurants. Dans la foulée, j'ai organisé ma première exposition à Stockholm... et j'ai tout vendu. C'est à ce moment précis que j'ai compris que je ne pouvais plus cacher cette part de moi. La peinture n'était plus mon refuge secret ; elle devenait mon langage ouvert sur le monde.

Mon processus de création surprend souvent. Je ne peins pas de manière "classique". J'utilise une technique d'autohypnose, découverte lors d'une formation en 2008, pour entrer dans un état second. Face à ma toile de lin brut, je me laisse totalement traverser par l'instant. Il me faut parfois de trois à six mois pour achever un tableau. Je travaille l'acrylique, l'huile, le vernis, les pigments, cherchant sans cesse les contrastes entre le mat et le brillant, la texture et la transparence. Je refuse d'ailleurs toute commande personnalisée : mon art ne peut pas se dicter, il doit naître librement. J'ai une relation très intime, presque charnelle avec mon travail. Pour tout vous avouer, je parle à mes peintures.


Cette quête de sens à travers la matière m'a récemment menée vers des installations plus complexes, comme celle que vous pouvez explorer sur la page https://dropmuse.art/oeuvre/saloua-sahiri-installation-immersive-ou-la-matiere-froissee-devient-memoire-souffle-et-lumiere-installation-mixte-peintu .

Il s'agit d'une installation immersive où je mêle peinture acrylique, feuilles d'or et matériaux composites. J'y travaille la matière froissée. Chaque pli y raconte nos blessures, nos renaissances, et la beauté de l’imparfait. Des cercles suspendus — jaune, rose fuchsia, bleu électrique — flottent comme pour évoquer les cycles de la vie. J'y ai déposé de l'or sur les crêtes des froissements, car je suis intimement convaincue d'une chose : la plénitude n’est pas l’absence de chaos, mais l’art de transformer chaque fragment en lumière. C'est un espace pensé pour ralentir, respirer, et se retrouver.


Si mon parcours résonne en vous, si vous vous demandez comment on ose un jour tout quitter pour vivre de sa passion, je vous invite à écouter l'échange que j'ai eu récemment dans le podcast "Les Audacieux". J'y raconte mes doutes, mes joies, mes petites-filles qui peignent avec moi dans l'atelier, et je donne le seul conseil qui vaille à mes yeux pour les jeunes artistes : "créer, créer, créer, et exposer, exposer, exposer". Vous pouvez retrouver cette interview vidéo complète sur Dropmuse : https://dropmuse.art/video/comment-vivre-de-son-art-lhistoire-dune-artiste-belge-autodidacte-avec-saloua-sarhiri-saloua-sahiri .


Je vous remercie d'avoir pris le temps d'entrer dans mon univers. Naviguez, regardez, ressentez, et n'hésitez pas à me contacter si mes œuvres vous parlent. L'art n'existe vraiment que dans le regard de l'autre.


Saloua

Saloua Sarhiri ouvre son atelier en écrivant : un geste de transparence où l'artiste raconte le basculement qui l'a menée du code informatique à la toile, non pas comme une fuite mais comme une conversion progressive. Ce récit d'autoportrait se construit entre confession intime et manifeste de création, là où la matière froissée devient mémoire et où l'art se définit par sa liberté d'exister sans commande.

I. LA VOIX ET LE STYLE

L'écriture de Saloua Sarhiri est celle d'une narratrice qui confie davantage qu'elle ne théorise : elle énonce plutôt qu'elle n'explique, ce qui confère au texte une intimité accessible. La syntaxe alterne entre des phrases longues, contemplatives (« Des cercles suspendus — jaune, rose fuchsia, bleu électrique — flottent »), et des affirmations courtes, presque déclaratives (« Je refuse d'ailleurs toute commande personnalisée »). La plume privilégie l'image sensorialisée — les odeurs de térébenthine, le lin brut, le contraste mat-brillant — plutôt que le discours formel, donnant au propos une texture presque picturale. Le ton oscille entre vulnérabilité assumée (« presque comme une urgence ») et conviction tranquille (« j'ai compris que je ne pouvais plus »), créant un équilibre entre doute et certitude.

II. L'IMAGINAIRE ET LE SENS

Le texte explore le passage du logos au pathos : du monde binaire de l'informatique à celui, chaotique et imprévisible, de la création artistique. Cette bifurcation n'est jamais présentée comme une rupture mais comme un retour aux origines — la mère peintre, le tube de rouge à lèvres sur le mur à deux ans — transformant la vocation tardive en destination finale. L'imaginaire central tourne autour de la matière comme langage : l'or déposé sur les froissements, la transparence et le mat qui se répondent, les cercles flottants comme « cycles de la vie ». La philosophie sous-jacente affleure constamment : la plénitude naît du chaos métamorphosé, l'imparfait devient beau quand on l'illuminate. Le texte place la relation à l'œuvre dans une sphère charnelle, presque relationnelle (« je parle à mes peintures »), abolissant la distance entre créatrice et création.

III. LA RÉSONANCE

Ce portrait-manifeste fonctionne comme une invitation adressée aux créateurs en questionnement, particulièrement ceux qui hésitent entre sécurité et passion. L'auteure inscrit son parcours dans une logique d'accumulation expositive (« créer, créer, créer, et exposer, exposer, exposer ») qui devient un mantra de légitimation. Le texte résonne également comme une réflexion sur l'autodidaxie affirmée et le refus des conventions esthétiques : Saloua Sarhiri ne se pose pas en théoricienne mais en praticienne de l'autohypnose créative, ce qui singularise sa démarche. En mentionnant ses filles qui peignent à ses côtés, elle élargit son propos à une transmission familiale et symbolique, dépassant l'autonarration pour toucher à une forme de responsabilité collective vis-à-vis de l'art qui survit.

https://www.salouasarhiri.com/

Résumé éditorial

Saloua Sahiri, ingénieure informatique devenue peintre plasticienne à Bruxelles, raconte son parcours de bifurcation créative. Entre rigueur technologique et urgence artistique, elle révèle une pratique singulière fondée sur l'autohypnose et la transformation du chaos en lumière.

art contemporain · peinture abstraite · reconversion artistique · processus créatif · matière et textures