Ces gens-là

Ces gens-là

Concert · Youtube · Bruxelles · 26 septembre 2026

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La quintessence

Leo Sélian convoque l'archive cinématographique en noir et blanc pour interroger les figures du passé. Dans « Ces gens-là », le vidéaste bruxellois orchestre un concert visuel où la parole fragmentaire devient matière musicale, où le grain de la pellicule résonne comme une texture sonore. Entre témoignage historique et composition abstraite, la vidéo capture une essence : celle de vies ordinaires saisies dans l'intimité de leur énonciation.

I. LA DYNAMIQUE ET LE GESTE

Le montage procède par récurrence et variation : chaque locuteur affleure à l'écran selon un rythme mesuré, suspendu entre la diction et le silence. La caméra fixe préserve l'intégrité du regard et de la parole, refusant le spectaculaire pour privilégier l'authenticité du fragment archivé. Cette économie formelle — noir et blanc, cadrage frontal, absence de décor — crée une tension contemplative où chaque mot devient geste, où l'intonation prime sur l'action physique. Le « concert » réside dans cette polyphonie invisible, dans la densité poétique des voix entrecroisées.

II. L'INTENTION NARRATIVE OU L'ATMOSPHÈRE

Une atmosphère nostalgique mais non mélancolique traverse la pièce : ces gens-là parlent depuis une époque révolue, porteurs d'un savoir et d'une expérience que la vidéo soustrait au temps. La légende en français qui accompagne l'image crée une distance tendre, une traduction qui énonce autrement ce qui s'était tu. L'ambiance générale est celle de la révélation intime, du secret confié — l'image d'archive devient confessional, la vidéo devient geste de transmission. Leo Sélian se positionne en passeur, en archiviste du non-dit.

III. LA RÉSONANCE

Cette œuvre prolonge la démarche symboliste et émotionnelle du photographe bruxellois en l'ouvrant à la dimension temporelle et vocale. Là où ses photographies questionnent la relation entre l'humain et le végétal, la vidéo explore l'humain et l'histoire, l'humain et sa trace. L'archive cinématographique devient pour Sélian ce que la fleur est pour lui : une matière sensible chargée de mémoire, capable de révéler ce qui était enfoui. « Ces gens-là » affirme que toute image est portrait, tout son est poésie, et que l'art contemporain doit savoir écouter les voix du passé.

Vibration cinétique

Rythme : 38/100 (0 = contemplatif, 100 = frénétique). Énergie créative 6.5/10 — L'énergie retenue de la parole qui s'affranchit du temps.. Ambiance : Archival, Intimiste, Méditatif.

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