Œuvre · Youtube · Bruxelles · 9 octobre 2026
Voici mon travail de fin d'études en réalisation. Et oui, ça date et ça se voit. Plus de 15 ans. J'en posterai d'autres régulièrement, histoire de voir l'évolution. Cello ci a été filmée avec une "bête caméra" amateur et tout seul comme un grand y compris le montage. Seul le scénario n'était pas de moi. Il était imposé par l'école.
Leo Sélian exhume une œuvre de jeunesse, son travail de fin d'études réalisé il y a plus de quinze ans. Filmée en solitaire avec les moyens du bord, cette vidéo révèle les fondations d'une pratique cinématographique aujourd'hui mûre, là où l'artiste bruxellois explore déjà les territoires intimes de la relation humaine. Le titre, « Le Tricheur », annonce une intrigue épurée : deux figures en dialogue, le secret qui circule entre elles, la tension du non-dit.
La vidéo capture l'échange frontal, presque statique, entre deux interlocuteurs : le geste minimal devient alors le seul langage, celui des mains qui se manipulent, des regards qui se croisent et se dérobent. Sélian travaille ici sans artifices de production, armé d'une caméra amateur et d'une volonté de raconter l'essentiel par le cadrage serré et la proximité des visages. Le montage, assumé personnellement, tisse la tension narrative par des coupes franches, des silences, une économie de moyen qui contraint à l'efficacité.
L'intimité du cadre domestique — les étagères, les objets de vie quotidienne en arrière-plan — devient la chambre sourde où se joue la trahison, la ruse ou la confession. L'absence de bande sonore élaborée, la lumière naturelle qui révèle les imperfections de la technique de jeune réalisateur, renforcent l'authenticité brute de l'échange. C'est une chorégraphie psychologique : chaque geste est une arme ou une reddition, chaque silence une réponse.
Cette relique cinématographique témoigne des racines de la démarche de Sélian : déjà s'y lit son obsession pour l'humain, la relation entre les corps et les émotions, ce symbolisme de la rencontre que l'artiste déploiera ensuite à travers la photographie d'art. Le scénario imposé par l'école devient un terrain d'expérimentation où le jeune créateur forge son propre langage, celui d'une caméra fidèle au détail psychologique, à la vulnérabilité captée sans maquillage. En partageant cette archive, Sélian invite à lire son évolution : du bricolage passionné à la maîtrise de l'image contemporaine.
Rythme : 35/100 (0 = contemplatif, 100 = frénétique). Énergie créative 5.5/10 — Tension immobile : le cinéma du secret qui pulse sous le silence.. Ambiance : Clandestin, Brut, Suspensif.
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