Mantis Surréaliste d'Eric Schmickrath Bruxelles

Mantis Surréaliste d'Eric Schmickrath Bruxelles

Assemblage mixte — insecte naturalisé, perles, peinture acrylique, éléments organiques et matériaux métalliques · 2026 · Bruxelles, Belgique · 25cmX25cm

Eric Schmickrath, plasticien bruxellois, crée une composition surréaliste fascinante combinant une mante religieuse verte avec des éléments ornementaux hybrides. Cette assemblage mixte fusionne l'entomologie et l'art conceptuel, intégrant des perles bleues, des chaînes dorées et des traits peints pour générer une créature fantastique aux allures de totem organique. L'œuvre interroge les frontières entre nature, artifice et rêve.

I. HIÉRARCHIE SACRALE DE L'ABSURDE

Schmickrath construit ici un totem vertical où la mante religieuse devient officiant d'un rituel dénué de sens — ou plutôt, d'un sens que seul l'inconscient saisit. La composition s'édifie comme un autel surréaliste : insecte apothéosé en tête, chaînes perlées en offrandes, traits peints en invocations. Cette stratification révèle moins une adoration que l'absurdité ludique de notre besoin de sacraliser le quotidien. L'entomologie devient théologie, l'assemblage devient prière muette.

II. REGARD DÉMULTIPLIÉ ET LÈVRES MURMURANTES

Trois regards habitent cette figure hybride — deux yeux injectés de bleu porcelain qui percent des paupières alourdies de perles, un troisième regard enfermé dans la feuille peinte du ventre insectoïde. Ces yeux multiples ne convergent pas ; ils diffractent l'attention du spectateur, le forçant à circuler sans repos. En bas, les lèvres corail esquissent un sourire ou un cri : Schmickrath refuse la clarté émotionnelle, laissant planer l'incertitude entre séduction et menace.

III. ALCHIMIE MATÉRIOLOGIQUE : VIVANT ET MORT ENTRELACÉS

L'assemblage repose sur une tension fondamentale — la mante naturalisée (chair desséchée, chitin sacrifié) côtoie l'or des perles et des chaînes (éternel simulacre de valeur). La peinture acrylique fluo verte recouvre le cadavre d'une vie artificielle fluorescente. Schmickrath ne cherche pas à restaurer l'animal mort : il le montre engagé dans un rituel d'ornementation grotesque, comme si la mort et la parure formaient un couple indissociable. L'œuvre respire une mélancolie ludique, ironique face à nos tentatives de transformer la fuite du temps en spectacle.

Fait partie de la série Assemblages et collages Surréalistes 2026.

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