Visage aux Perles Dorées — Schmickrath

Visage aux Perles Dorées — Schmickrath

Installation mixte : éléments sculptés, perles, résine, cadre blanc · 2026 · Bruxelles, Belgique · 25cmX25cm

Installation surréaliste de l'artiste bruxellois Eric Schmickrath combinant sculpture, collage et objets trouvés. Cette composition joue avec l'absurde en assemblant des yeux fermés en résine bleue, des chaînes de perles dorées en guise de traits du visage, et des lèvres peintes, le tout encadré par une structure géométrique blanche. L'œuvre explore les codes de la représentation faciale par l'humour et le détournement d'objets quotidiens.

I. GRAMMAIRE DE L'ABSURDE FACIALE

Schmickrath démantèle la figure humaine en ses composantes élémentaires pour mieux interroger notre obsession collective du visage. Les yeux clos en résine bleu électrique ne voient pas, refusent le spectacle ; les perles dorées qui dégringolent comme des larmes phosphorescentes ou des monnaies d'or transforment les traits en chaînes de possession. Cette installation joue du hiatus entre la noblesse supposée du portrait et la trivialité des matériaux employés : l'œuvre fait rire et dérange simultanément, révélant combien notre reconnaissance d'autrui repose sur des signes fragiles, interchangeables, presque comiques dans leur précarité.

II. CAGE ET FENÊTRE : LA PRISON DE LA REPRÉSENTATION

Le cadre blanc se désavantage pas l'autonomie de la construction, il l'emprisonne. Cette grille évoque à la fois la fenêtre domestique et la cellule ; elle impose une orthopraxie géométrique à un visage déjà déstructuré. Schmickrath suggère que regarder un visage, c'est toujours le confiner, le systématiser, le réduire à un ensemble de codes culturels. La lèvre rose qui transperce horizontalement cette architecture devient l'ultime acte de rébellion : un baiser lancé contre l'ordre, un cri sans son, une cicatrice qui persiste.

III. ÉCONOMIE POÉTIQUE DE LA MATIÈRE DÉTOURNÉE

Perles, résine, peinture, cadre industriel : aucun matériau ici n'est « noble » au sens académique. Cette démocratisation des moyens renforce le propos subversif de l'œuvre. Les perles, objets d'ornementation féminine traditionnelle, deviennent des dents, des larmes, une architectonie absurde ; la résine bleue scelle une indifférence sculpturale face à l'expressivité attendue. L'installation incarne l'esthétique post-pop de Schmickrath : joyeuse dévastation des hiérarchies, où l'humour n'exclut jamais une certaine tendresse mélancolique envers ces figures mutantes qu'il peuple ses compositions.

Fait partie de la série Assemblages et collages Surréalistes 2026.

Autres œuvres de Eric Schmickrath

Toutes les œuvres de Eric Schmickrath