Profil Fleuri - Eric Schmickrath

Profil Fleuri - Eric Schmickrath

Technique mixte :collage et éléments en relief sur fond noir · 2026 · Bruxelles, Belgique · 2(cmX25cm

Œuvre surréaliste du plasticien belge Eric Schmickrath basée à Bruxelles, combinant des éléments en relief. Ce profil féminin stylisé fusionne des fleurs blanches et pourpres avec des ornements perlés et des pétales délicats, créant une composition figurative spectaculaire sur fond noir dans un cadre baroque doré.

I. ALCHIMIE DU PROFIL : ENTRE FLEUR ET PARURE

Eric Schmickrath compose ici une androgynie spectrale où le visage se dissout dans la botanique. Le profil blanc, construit en superpositions de pétales et de feuillages, refuse la figuration classique au profit d'une architecture organique qui trouble les frontières entre chair et végétal. L'ajout de perles nacrées transforme cette tête en reliquaire précieux, un hybride de femme-fleur traversé par le désir baroque de l'ornement infini. Le bleu électrique des plumes d'aile accentue l'étrangeté onirique, comme si cette créature était en train d'émerger d'un rêve non résolu.

II. TENSION ENTRE DÉLICATESSE ET DENSITÉ MALÉFIQUE

La juxtaposition du noir abyssal et des blancs éclatants crée une vibration nerveuse ; les fleurs pourpres qui s'échappent vers la droite agissent comme une hémorragie chromatique, un saignement silencieux. Schmickrath construit une économie visuelle où chaque élément en relief capture la lumière différemment : les perles scintillent comme des larmes minéralisées, tandis que les pétales violine dégringolent en cascade mélancolique. Cette œuvre respire le maniérisme contemporary, où la beauté formelle cache une inquiétude existentielle, une féminité à la fois sacralisée et fragmentée.

III. LE CADRE BAROQUE COMME PARADOXE TEMPOREL

La dorure ornementale du cadre agit comme un contrepoint ironique : elle emprisonne cette créature hybride dans une classicité factice, suggérant une muséification de l'étrangeté. Schmickrath joue sur cette tension entre le contemporain sans-apologies (technique mixte, surréalisme) et l'appareil conservateur du cadre doré, transformant l'œuvre en critique silencieuse du statut de l'art. Le charnier noir central devient alors une fenêtre non pas sur une réalité, mais sur l'impossibilité même de la représentation—ce profil existe uniquement parce qu'il est encadé, sanctuarisé, séquestré.

Fait partie de la série Assemblages et collages Surréalistes 2026.

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